(QUÉBEC) Le gouvernement Legault a révisé son offre salariale destinée à ses 500 000 employés et poursuit ses rencontres de négociation avec les syndicats cette semaine.

Tommy Chouinard Tommy Chouinard
La Presse

Parmi les changements, Québec accorde maintenant des montants forfaitaires à tous ses employés sur une période de deux ans et offre une hausse salariale plus généreuse aux bas salariés pour la troisième et dernière année des prochaines conventions collectives, selon des informations provenant du camp syndical.

2020 : hausse salariale de 1,75 % + un montant forfaitaire versé au prorata des heures travaillées (ce serait jusqu’à un maximum de 600 $ ou 800 $)

2021 : hausse salariale de 1,75 % + un montant forfaitaire versé au prorata des heures travaillées (ce serait jusqu’à un maximum de 600 $ ou 800 $)

2022 : Hausse salariale de 1,5 % pour les employés des « rangements » 12 à 28, mais une augmentation fixe de 0,40 $ l’heure pour ceux des « rangements » 1 à 11. Dans le dernier cas, il s’agit de bas salariés, gagnant environ entre 20 et 25 $ l’heure au sommet de leur échelle. La hausse peut représenter jusqu’à 2 % ou un peu plus dans certains cas.

Québec n’a ni infirmé ni confirmé ces informations que la CSN a communiquées à ses membres dans les derniers jours. Le président du Conseil du trésor, Christian Dubé, s’est contenté de faire savoir que ces informations sont « incomplètes ».

L’offre précédente du gouvernement, présentée en mars, prévoyait des augmentations de 1,75 % les deux premières années et de 1,5 % la troisième. Il y avait un montant forfaitaire de 1000 $ en 2020 destiné uniquement à ceux qui se trouvent au sommet de leur échelle salariale. Sa première proposition, déposée en décembre, visait des contrats de travail de cinq ans – les hausses salariales étaient limitées à 1 % les deux dernières années.

Négos séparées

Comme il n’y a pas de front commun des employés de l’État, chaque centrale syndicale a fait sa propre proposition au gouvernement. Par exemple, la FTQ réclame des hausses de 2 % pour chacune des trois années des futurs contrats de travail. Pour la troisième année, la centrale suggère que des hausses supplémentaires soient accordées aux « bas salariés », une proposition qui ferait bondir la rémunération globale des employés de l’État de 0,87 %. Pour un salarié touché, le taux horaire serait augmenté d’environ 0,40 $ à 1,50 $, selon le cas.

De son côté, la CSN veut une augmentation de 2,2 % la première année, une hausse de 2,2 %, ou de 0,75 $ l’heure, la deuxième année selon l’option qui s’avère la plus avantageuse et, toujours selon la même logique, 3,0 %, ou 1,00 $ l’heure, la troisième année.

Quant aux préposés aux bénéficiaires dans les CHSLD, les parties s’entendent pour augmenter leur salaire de 12 %, ce qui ferait passer le salaire à 25 $ l’heure au sommet de l’échelle, mais un différend subsiste quant au moyen d’y arriver.

Le gouvernement Legault veut régler les conventions collectives de ses employés avant la fin de juin, à temps pour « l’énoncé économique complémentaire » que le ministre des Finances, Eric Girard, veut présenter autour de la Fête nationale. Ce sera l’occasion de faire une mise à jour de l’état des finances publiques, chambardées par la pandémie.

La masse salariale du gouvernement avoisine les 40 milliards et représente une part importante des dépenses de l’État, lesquelles devaient totaliser 116 milliards cette année selon le budget déposé le 10 mars. C’était juste avant la crise, au moment où les coffres étaient bien garnis et les surplus, alléchants. On parle maintenant d’un déficit qui atteindrait entre 12 et 15 milliards cette année. Le retour à l’équilibre budgétaire n’est pas prévu avant cinq ans.