(Québec ) Le Parti libéral du Québec (PLQ) réclame que le gouvernement impose un moratoire sur le déploiement de logiciels de reconnaissance faciale dans les organismes publics et les entreprises privées.

Hugo Pilon-Larose Hugo Pilon-Larose
La Presse

Ces logiciels présentent des risques de « discrimination raciale et sociale » et soulèvent des questions éthiques, affirme l’opposition officielle à Québec.

Le PLQ a donc transmis à la commission parlementaire des institutions un mandat d’initiative pour rencontrer des experts et soumettre un rapport et des recommandations concernant le déploiement de ces logiciels.

Ces logiciels, rappellent les libéraux, sont désormais intégrés dans certaines entreprises privées « afin de détecter les comportements de leurs clients ». Cette situation est « très préoccupante », écrit-on par voie de communiqué.

Même la Sûreté du Québec (SQ) a lancé un appel d’offres afin d’acquérir un logiciel de reconnaissance faciale « au plus tard le 30 novembre 2020 », révélait récemment La Presse, alors que plusieurs villes américaines (dont San Francisco et Oakland, entre autres) ont décrété un moratoire.

« Le Québec ne peut rester passif devant ces bouleversements et doit aussi agir. Le cadre actuel est nettement insuffisant et les pouvoirs de la Commission d’accès à l’information sont limités. C’est pourquoi le gouvernement doit emboîter le pas et imposer un moratoire le temps de bien évaluer les impacts de ces technologies et les questions d’éthique qui en découlent », écrit le PLQ.

En février, les commissaires à la protection de la vie privée du Canada ont également mis en place une enquête sur la technologie utilisée par l’un de ces logiciels de reconnaissance faciale, le Clearview AI. « Cette enquête a été initiée à la suite de nombreux reportages dans les médias ayant soulevé des questions et des préoccupations à savoir si [Clearview AI] recueille et utilise des renseignements personnels sans consentement », a-t-on expliqué.