(Québec) François Legault s’est porté à la défense de son ministre Pierre Fitzgibbon, qui est menacé de poursuites par une administratrice de Québecor, jeudi. Selon le premier ministre, il est « factuel » de dire qu’elle s’est trouvée dans une « apparence de conflit d’intérêts » dans le dossier du Groupe Capitales Médias (GCM).

Martin Croteau Martin Croteau
La Presse

« Ce qu’il a dit, c’est qu’il y avait une apparence de conflit d’intérêts », a dit le premier ministre en mêlée de presse.

Est-ce que M. Fitzgibbon a eu tort de faire cette affirmation ?, lui a demandé un journaliste.

« C’est factuel », a simplement répondu M. Legault.

Sylvie Lalande est présidente du conseil d’administration de Groupe TVA et vice-présidente du conseil de Québecor. Elle est aussi à la tête du conseil d’administration du principal bras investisseur de Desjardins, Capital régional et coopératif Desjardins (CRCD).

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Sylvie Lalande

Mercredi, elle a envoyé une mise en demeure au ministre Fitzgibbon. Elle menace de le poursuivre s’il ne retire pas ses propos tenus la veille.

Mardi, M. Fitzgibbon s’est demandé « s’il y avait des forces en présence qui auraient pu faire dérailler la décision » de Desjardins de financer le projet de coopérative des employés de GCM. Selon lui, « il y a possiblement apparence de conflit d’intérêts » en raison du double rôle de Mme Lalande.

Québecor, qui exploite TVA, Le Journal de Montréal et Le Journal de Québec, est un concurrent de GCM. L’entreprise a tenté en vain d’acquérir le groupe après qu’il se fut placé à l’abri de ses créanciers cet été.  

M. Fitzgibbon a refusé de s’excuser à Mme Lalande mercredi.

M. Legault s’est réjoui de la décision de Desjardins de reconsidérer son refus de financer le projet de coopérative pour sauver les six quotidiens de GCM.

« C’est important que ce projet de coopérative aille de l’avant et qu’on sauve ces emplois importants dans les régions du Québec pour informer la population », a dit le premier ministre.