(Québec) Le président de l’Assemblée nationale doit clarifier les règles de décorum à l’enceinte parlementaire, a affirmé le Parti libéral, mercredi, dans la foulée de la dernière controverse entourant la députée solidaire Catherine Dorion. Le chef du PLQ, Pierre Arcand, souhaite que le président François Paradis énonce des règles claires pour encadrer la conduite des élus.

Martin Croteau Martin Croteau
La Presse

« On était supposé avoir un code vestimentaire et il n’y a pas beaucoup de précision à ce niveau-là, a-t-il dit. On devait savoir si on a le droit, par exemple, d’utiliser le Salon rouge et le Salon bleu pour des choses comme ça. Alors nous, tout ce qu’on veut, on veut véritablement que le président nous donne un certain nombre de directives sur ces choses-là. »

Mme Dorion s’est de nouveau retrouvée dans une controverse au cours des derniers jours, cette fois à cause d’une photo prise à l’occasion de l’Halloween. Elle est posée en tailleur et en talons hauts, elle qui s’est fait remarquer avec ses t-shirts et ses bottes Doc Martens dans l’enceinte parlementaire.

La photo se voulait un clin d’œil humoristique. Mais elle a offusqué certains collègues de la députée.

La whip du Parti libéral, Nicole Ménard, a écrit au président de l’Assemblée nationale ainsi qu’à la Commissaire à l’éthique pour dénoncer sa conduite. Selon elle, Mme Dorion a manqué de respect à l’institution.

Sa lettre a été tournée en dérision par Mme Dorion mardi. Mais M. Arcand persiste et signe. Selon lui, les règles encadrant le décorum sur le campus parlementaire ne sont pas claires.

« Je pense que le président, actuellement, me semble être quelqu’un qui veut faire plaisir à tout le monde, a dit M. Arcand. Je comprends très bien qu’il veuille faire plaisir à un maximum de gens. Mais à un moment donné, il faut quand même un certain nombre de directives, un certain nombre d’orientations qui soient données pour éviter que ce genre de chose se produise. »

Québec solidaire a dit ne pas comprendre l’intérêt soudain des libéraux pour les règles de décorum à l’Assemblée nationale.

« Selon nous, les règles sur le décorum conviennent tout à fait, a indiqué le leader parlementaire Gabriel Nadeau-Dubois dans une déclaration écrite. Si les autres partis veulent absolument en discuter, on en discutera. C’est une curieuse priorité des libéraux. On les invite à se concentrer sur des choses plus fondamentales pour le Québec. »

Reste que le chef du Parti québécois, Pascal Bérubé, a fait écho à l’exaspération des libéraux. Il s’est dit dérangé par une autre publication de Mme Dorion, où elle invite ses commettants à un party d’Halloween dans son bureau de circonscription. L’invitation est coiffée du titre « Fuck la norme » et on y aperçoit le logo de l’Assemblée nationale.

« C’est entre elle et ses électeurs, mais en même temps ça nous implique tous, a dit M. Bérubé. Le temps qu’on prend depuis le 1er octobre pour commenter toutes les mises en scène, tous les coups d’éclat, ça ne nous amuse pas véritablement. »

Du reste, il s’explique mal que Mme Dorion continue d’alimenter les controverses sur les réseaux sociaux.

« C’est une femme brillante, c’est une femme qui a une contribution exceptionnelle à amener à l’Assemblée nationale, a dit Pascal Bérubé. Je le sais et je trouve que, même pour elle, ça fait dévier son propos qui est un propos pertinent. »

Le président de l’Assemblée nationale, François Paradis, a confirmé que des discussions sont en cours depuis plusieurs mois déjà.

« Il y a eu des discussions entre les quatre partis, a-t-il dit. Déjà, les règles ont été retransmises. Et on continue à discuter de ces notions-là depuis déjà le début de la législature. »

Le premier ministre François Legault n’a pas voulu commenter la dernière controverse entourant Catherine Dorion. « Je vais laisser le président trancher », a-t-il dit.