(Québec) Les députés libéraux n’en voulaient pas, mais ils sont forcés de l’accepter. Candidate défaite il y a un an, Gertrude Bourdon portera les couleurs du PLQ pour l’élection partielle dans la circonscription de Jean-Talon à Québec.

DENIS LESSARD DENIS LESSARD
La Presse

Selon les informations obtenues par La Presse, l’élection partielle qui désignera le successeur de Sébastien Proulx, seul député libéral à l’est de Montréal, devrait être déclenchée rapidement après le scrutin fédéral lundi. Le scénario le plus plausible est un déclenchement à la fin d’octobre pour un vote fin novembre. À la Coalition avenir Québec (CAQ), la candidate sera Joëlle Boutin, chef de cabinet du ministre de la Transition numérique, Éric Caire.

À la dernière réunion du caucus libéral, la semaine dernière, le chef intérimaire, Pierre Arcand, avait annoncé que le PLQ était prêt pour la partielle, que le local et l’équipe de bénévoles avaient été décidés et qu’on avait trouvé un candidat. Il n’avait pas révélé l’identité de celui-ci, toutefois – on compte l’annoncer après les élections fédérales. Des sources à l’interne au PLQ confient que pas moins de 30 personnes ont été sollicitées avant qu’on revienne à Mme Bourdon, qui avait, tôt, signalé son intérêt par le truchement de l’ex-ministre de la Santé Gaétan Barrette.

Mme Bourdon avait pris sa retraite après avoir, en vain, tenté de récupérer le poste qu’elle avait quitté pour se lancer en politique, soit présidente-directrice générale du Centre hospitalier universitaire de Québec. En coulisses, on avait expliqué qu’il serait difficile pour le réseau de la santé de reprendre une gestionnaire qui avait vertement critiqué les propositions de la CAQ en matière de santé.

Prise de choix pour Philippe Couillard à l’époque, la gestionnaire avait de longs états de service dans le réseau de la santé, une carrière exemplaire, mais son atterrissage en politique avait été chaotique.

Les partis se l’arrachaient

D’abord, elle avait semblé « magasiner » son allégeance politique. Courtisée par la CAQ, elle avait eu plusieurs rencontres avec le chef de cabinet de François Legault, Martin Koskinen. Elle s’était même rendue au domicile de M. Legault à Outremont pour annoncer que finalement, elle ne serait pas dans son équipe. Convaincu de pouvoir compter sur elle, Legault avait été mortifié par sa décision.

Dans la circonscription de Jean-Lesage, où elle a mordu la poussière aux mains du solidaire Sol Zanetti, Mme Bourdon a eu sa part de problèmes. M. Zanetti a obtenu deux fois plus de votes que la candidate libérale, qui a terminé troisième.

Sa propension à faire valoir ses états de service – son poste de PDG du CHU de Québec – faisait sourire et avait été tournée en dérision à Infoman. En outre, beaucoup de députés libéraux qui ont survécu au scrutin de l’an dernier avaient en mémoire cette candidature qui n’avait pas aidé le PLQ dans la région de Québec. Sans que la question soit abordée ouvertement aux réunions du caucus, les échanges de corridor ne laissaient pas de doute : les élus étaient réfractaires à cette nomination. Idem, semble-t-il, pour l’association libérale de Jean-Talon, qui a été informée cette semaine de la décision du parti. Mme Bourdon n’avait pas rompu les liens avec le PLQ, toutefois. Elle avait participé à un conseil général à Drummondville le printemps dernier.

— Avec la collaboration de Tommy Chouinard, La Presse