(Québec) La vice-première ministre, Geneviève Guilbault, s’est excusée mercredi d’avoir qualifié ses anciens employés d’incompétents.

Martin Croteau Martin Croteau
La Presse

«J’aurais dû employer d’autres termes pour décrire la situation, alors je m’en excuse auprès des gens qui ont pu se sentir offensés», a-t-elle déclaré à son arrivée à une réunion du cabinet.

Mme Guilbault, qui est aussi ministre de la Sécurité publique, s’est retrouvée dans le pétrin lundi, lorsqu’elle a affirmé avoir congédié plusieurs membres de son cabinet parce qu’ils n’étaient pas compétents.

Ses commentaires ont entraîné une riposte acerbe de trois ex-employés. Alain Lavigne, qui a été directeur de cabinet de Mme Guilbault, l’ancien conseiller Pierre-Paul Côté et l’ancienne attachée politique Jacqueline Aubé ont tous trois dénoncé les propos de leur patronne.

Cette dernière a réclamé des excuses publiques, ce qu’elle a obtenu mercredi.

«Cela prend du courage pour admettre ses torts et s’excuser, je l’en remercie», a indiqué Mme Aubé dans une déclaration écrite.

«Quant à moi, le dossier est clos», a-t-elle ajouté.

«Grande famille»

Mme  Guilbault a assuré qu’elle entretient des rapport cordiaux avec ses employés.

«Je traite mes collègues, incluant mes employés, très respectueusement et je dois dire qu’on a une équipe qui est très soudée au cabinet, a-t-elle dit. Et j’inclus le personnel de mon bureau de circonscription, d’ailleurs. On est tous la même grande famille.»

Mme Guilbault aurait pourtant traité M.  Lavigne de «christ de péquiste», ce que son cabinet nie.

Mme Guilbault a assuré n’avoir «absolument rien» contre les employés du gouvernement qui sont issus des rangs péquistes ou libéraux.

Lorsqu’un journaliste lui a demandé si elle a déjà insulté un employé, elle a répondu : «Non, je n’ai jamais employé de terme inconvenant à l’endroit de mes employés.»

Legault passe l’éponge

Le premier ministre François Legault a passé l’éponge sur la controverse causée par sa ministre. Il a fait valoir qu’il est tout à fait normal d’observer un certain roulement dans le personnel des cabinets politiques, surtout dans un gouvernement qui n’en est qu’à sa première année.

Il convient cependant que Mme Guilbault y est allée «un petit peu fort» dans ses déclarations de lundi.

«Il y a des personnes qui ne répondaient pas à ses attentes, a indiqué M. Legault. Elle a dit elle-même qu’elle regrette peut-être certains mots qui ont été utilisés, mais je trouve ça tout à fait normal.»

Qu’on lui retire la Sécurité publique, dit le PLQ

Le chef libéral par intérim, Pierre Arcand, a affirmé mercredi que François Legault devrait reprendre les dossiers de Sécurité publique, parce que «visiblement, Mme Guilbault en a trop».

«La ministre ne semble pas capable de faire le travail. Elle a des problèmes de gestion, clairement», a-t-il dit.

«Mme Guilbault a certainement à apprendre de tout ce qui est sorti cette semaine, mais ce qui m’intéresse, c’est qu’elle a une fonction, un rôle à jouer, et quand tu entends plus parler de ton cabinet que des fonctions que tu occupes, il est là le problème», a pour sa part dit Dominique Anglade, officiellement candidate à la succession de Philippe Couillard.

-Avec Hugo Pilon-Larose, La Presse, à Bromont