Justin Trudeau et Donald Tusk, président du Conseil européen, ont profité du Sommet Canada-Union européenne portant sur l’accord de libre-échange AECG pour dénoncer la rhétorique émanant de Donald Trump et de ses partisans au cours des derniers jours.

Raphael Pirro
La Presse

En point de presse, M. Tusk a commencé son allocution en soulignant son appréciation pour Montréal. «C’est un réel plaisir d’être à Montréal, la plus européenne des villes au Canada. J’aime beaucoup être ici pour plusieurs raisons, notamment parce que je n’ai encore entendu personne crier “renvoyez-les!”», a-t-il déclaré, en faisant allusion aux chants entendus lors du rallye du président américain en Caroline du Nord, hier soir.

M. Tusk a par la suite précisé sa pensée lors de la période de questions. «J’ai été pendant plusieurs années un des politiciens les plus pro-Américains d’Europe. C’est difficile de comprendre certains mots qui ont été dits. Parfois, si l’on sent que quelque chose est totalement inacceptable, il faut réagir.  En dépit des affaires, en dépit des intérêts commerciaux, pour moi, les valeurs restent beaucoup plus importantes. Vous pourriez dire que je suis vieux jeu, mais je ne changerai jamais mes opinions là-dessus.»

Justin Trudeau s’est aussi prononcé à ce sujet. «Les propos de hier soir sont blessants et inacceptables et je ne veux pas que personne au Canada ne pense que ces propos sont acceptables, parce qu’ils ne le sont pas.» Dans sa réponse en anglais, M. Trudeau a ajouté que de tels propos ne devraient pas être «permis» ni «encouragés».

En après-midi jeudi, le président américain a dit «désapprouver» les chants xénophobes scandés par sa base hier.

Donald Trump a suscité une avalanche de réactions à travers le monde pour une série de tweets racistes où il en appelait aux gens qui «n’aiment pas les États-Unis» à retourner «d’où ils viennent».