Le chef conservateur Andrew Scheer accuse l'ex-ambassadeur John McCallum d'avoir ouvert la porte à l'ingérence de Pékin dans l'élection fédérale en disant qu'un changement de régime au Canada serait défavorable à la Chine.

MÉLANIE MARQUIS
MÉLANIE MARQUIS LA PRESSE

En entrevue au South China Morning Post, l'ancien chef de mission à Pékin a dit avoir prévenu certains de ses anciens contacts au ministère chinois des Affaires étrangères que davantage de mesures punitives de Pékin mèneraient à une victoire conservatrice.

« Tout ce qui pourrait s'ajouter de négatif contre le Canada aidera les conservateurs, (qui) sont beaucoup moins amicaux avec la Chine que les libéraux », a-t-il déclaré en entrevue avec le média de Hong Kong en début de semaine.

« J'espère que la situation n'empirera pas - et je ne vois pas de raison pour cela. Il serait bien que les choses s'améliorent entre maintenant et l'élection d'octobre », a enchaîné John McCallum, qui a été congédié de son poste en janvier dernier par Justin Trudeau.

La sortie de l'ancien ministre libéral a choqué le leader de l'opposition.

« Cette invitation à l'ingérence étrangère dans les élections canadiennes - à un régime qui se montre hostile aux intérêts du Canada - est absolument répréhensible », a déclaré Andrew Scheer par voie de communiqué, mercredi. « Je condamne fermement et de façon sans équivoque les propos de libéraux de haut rang qui encouragent le gouvernement chinois à aider à réélire le gouvernement en octobre », a-t-il ajouté dans la même déclaration.

John McCallum a été mis à la porte après s'être exprimé sur la cause d'extradition de Meng Wahzhou, dirigeante de Huawei arrêtée à Vancouver, avec un message qui allait à l'encontre de celui du gouvernement canadien.

Pas de condamnation du gouvernement

Invité à réagir aux propos de l'ancien ministre, le gouvernement n'y aucunement fait référence. « En ce qui concerne la Chine, la priorité de notre gouvernement est le bien-être de Michael Kovrig et Michael Spavor, qui ont été détenus de manière arbitraire », a écrit Marie-Pier Baril, d'Affaires mondiales Canada.

Les deux Canadiens ont été arrêtés dans la foulée de l'arrestation de Mme Meng. Ils sont détenus depuis décembre dernier.

Ambassadeur du Canada en Chine entre 2009 et 2012, David Mulroney a écrit mercredi sur Twitter que « pour mettre fin à la confusion à Pékin (et au Canada), le premier ministre devrait publier une déclaration indiquant que M. McCallum ne parle pas au nom du gouvernement et confirmer les traditions et valeurs professionnelles, non partisanes, de la diplomatie canadienne et de la fonction publique ».