(Shawinigan) La députée libérale Dominique Anglade pense avoir ce qu’il faut pour battre le chef caquiste François Legault aux élections de 2022.

Patrice Bergeron
La Presse canadienne

Elle a annoncé sa candidature à la direction du Parti libéral du Québec (PLQ) jeudi matin à Shawinigan, entourée de plusieurs élus qui l’appuient, dont l’ancien ministre des Finances, Carlos Leitão, et l’ex-ministre de l’Enseignement supérieur, Hélène David.

La députée de Saint-Henri–Sainte-Anne est la première à se lancer dans la course, alors que des adversaires potentiels, Marwah Rizqy (Saint-Laurent), Marie Montpetit (Maurice-Richard) et Gaétan Barrette (La Pinière), poursuivent leur réflexion.

Mme Anglade veut succéder à Philippe Couillard, qui a démissionné à la suite de la pire défaite électorale du parti en octobre 2018, passant de plus de 60 élus à seulement 30, en grande majorité dans la région métropolitaine.

Elle estime néanmoins qu’elle est la mieux placée pour amener le PLQ à la victoire en 2022.

«Je pense que j’ai une expérience de vie importante, d’abord dans le milieu économique, mais au-delà de ça, je ne pense pas que c’est une personne qui bat une autre personne, c’est un parti, ce sont des militants qui se mobilisent, qui ont une vision», a-t-elle déclaré devant une poignée de militants, dans une petite usine qui fabrique des bornes de recharge pour véhicules électriques, dans le secteur Grand-Mère.

Ancienne ministre de l’Économie, Mme Anglade voulait ainsi faire un clin d’œil à la nouvelle économie et souligner qu’elle sera «la candidate de toutes les régions du Québec».

En 150 ans, le PLQ n’a jamais eu de cheffe, encore moins de chef d’origine ethnique différente. Or Mme Anglade est d’origine haïtienne. Elle n’y voit pas un handicap.

«Les gens veulent d’abord et avant tout des leaders rassembleurs, à l’écoute, et capables de prendre ce qui est dit et de passer à l’action, au-delà de savoir si c’est un homme ou une femme, ou de la couleur de la peau.»

«Il nous faut une leader d’une autre génération», a déclaré Carlos Leitão pour justifier sa décision de se ranger dans le camp Anglade.

Elle a reconnu que le parti, actuellement au plus bas dans les sondages chez les francophones, doit «se rebrancher avec le Québec».

«On a un travail colossal à effectuer au cours des prochains mois, a-t-elle ajouté. Nous devons retrouver notre fierté d’être membre du Parti libéral.»

Elle a par ailleurs annoncé qu’elle lance une tournée de consultations, qui se poursuivra jusqu’à l’automne, afin d’aller rencontrer les membres du parti, mais aussi les sympathisants.

L’ancien député libéral de Saint-Maurice, Pierre Giguère, a choisi de militer activement pour l’équipe de Mme Anglade pour que les choses changent au parti.

On se rappellera qu’il avait été forcé de céder sa place à la députée libérale Julie Boulet lorsque leurs deux circonscriptions avaient été fusionnées.

«Il ne faut plus que ça se reproduise, c’est un peu pour ça que je m’engage», a-t-il commenté en entrevue.

Mme Anglade a actuellement l’appui de sept élus du caucus sur 29: outre M. Leitão et Mme David, Kathleen Weil, Monique Sauvé, David Birnbaum, Saul Polo et Frantz Benjamin étaient présents.

Rappelons qu’un autre candidat pressenti, le député de Pontiac, André Fortin, a renoncé à se présenter il y a quelques mois. Le leader parlementaire, Sébastien Proulx, a également fermé la porte.