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Gouverner pour tous les Québécois?

Une récente enquête Léger a indiqué en mai... (PHOTO JACQUES BOISSINOT, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE)

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Une récente enquête Léger a indiqué en mai qu'appelés à voter, les Québécois se seraient rangés à 46 % derrière la CAQ ; c'est 10 points de mieux que le résultat du 1er octobre.

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(Québec) C'était un passage obligé. Lors de son discours de la victoire, le 1er octobre dernier, le nouveau premier ministre, François Legault, s'était engagé à gouverner pour tous les Québécois.

Neuf mois plus tard, on ne pourra pas l'accuser d'avoir dévié de ses objectifs. En revanche, aura-t-il fait un effort pour tenir compte des électeurs qui ne partagent pas son avis ? C'était hier la première véritable fin de session pour le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ), l'heure d'un premier inventaire.

D'abord, une anecdote. En début de semaine, M. Legault a participé à une réunion en marge de la Conférence de Montréal. Une quarantaine d'entrepreneurs s'y trouvaient, plusieurs représentants des secteurs touristiques, de la restauration, de l'hébergement, des firmes agroalimentaires. Le premier ministre a répété son credo, martelé son obsession pour les emplois bien rémunérés. Dans l'assistance, plusieurs se sont sentis largués, confiera un participant.

François Legault a dû s'excuser aussi auprès des employés de Velan, qui perdaient leurs emplois, délocalisés dans des contrées moins développées. Encore là, manquant d'empathie, il avait cautionné les décisions de l'entreprise parce qu'elle protégeait les emplois les mieux rémunérés. De la même manière, on constate qu'il a souvent parlé du conflit d'ABI, où les salariés gagnent « 92 000 $ par année », insiste-t-il. Se préoccuperait-il autant d'un conflit de 16 mois si les employés gagnaient le salaire minimum ?

Et ce sont les mêmes réflexes qui ont poussé le gouvernement de la CAQ à recourir au bâillon parlementaire pour arracher l'adoption de deux projets de loi en fin de session parlementaire. La CAQ représente 37 % de l'électorat - en termes d'appuis, moins que les opposants au projet de loi 21, le Parti libéral du Québec (PLQ) et Québec solidaire (QS) réunis. M. Legault dit qu'on l'arrête dans la rue pour l'inciter à aller de l'avant sur la laïcité ; il n'a pas dû se promener du côté du quartier Saint-Michel, à Brossard ou à Parc-Extension. « Gouverner pour tous les Québécois » supposait d'entendre davantage les opposants.

Le dossier de la laïcité

Mais on ne pourra pas accuser François Legault de louvoyer. Dès la prestation de serment des membres du Conseil des ministres, on a prévenu que le dossier de la laïcité serait réglé avant la fin de juin 2019. Détermination ou entêtement ? La personnalité plutôt cassante de Simon Jolin-Barrette est, depuis le premier jour, un ingrédient de l'affrontement annoncé. Ici, les discussions avec Ottawa sont un autre révélateur ; les échanges avec le jeune élu de Borduas sont difficiles.

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Le premier ministre François Legault entouré de Geneviève Guilbault, ministre de la Sécurité publique, et de Simon Jolin-Barrette, ministre de l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion

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Au même moment, le ministre du Travail, Jean Boulet, d'un tempérament beaucoup plus conciliant, a obtenu bien davantage dans la renégociation des ententes sur la main-d'oeuvre. Devant la crise de la pénurie de main-d'oeuvre, la CAQ a mis de l'eau dans son vin et promis une augmentation du nombre d'immigrants dans les prochaines années.

Sur la laïcité, jamais un amendement à la Charte québécoise des droits n'aura été adopté sur une telle division, un tel clivage au sein de l'Assemblée nationale. M. Legault a évoqué hier la nécessité de préserver la « cohésion sociale ». En 1977, le gouvernement Lévesque n'avait pas eu recours au bâillon pour faire adopter la loi 101, sur la Charte de la langue française, une source d'affrontements bien plus intenses. L'Assemblée nationale avait siégé jusqu'en août, jusqu'à l'épuisement des troupes.

Les déboires du ministre André Lamontagne à l'Agriculture, aux Pêcheries et à l'Alimentation auront terni la fin de session du gouvernement. M. Legault, le ministre, le gouvernement s'excusent auprès de l'agronome Louis Robert, injustement licencié. Dans l'opposition, la CAQ avait réclamé la tête des ministres David Heurtel et Jacques Daoust pour des faux pas plus bénins. Un ministre est responsable de ce qui se passe dans son ministère et le rapport de la protectrice du citoyen est impitoyable. Limoger le ministre était une option - Lucien Bouchard avait congédié la titulaire du Revenu, Rita Dionne-Marsolais, victime d'un faux pas de sa sous-ministre. Dans les deux cas, on avait enfreint la loi.

Mais François Legault regarde surtout les sondages. Or, une récente enquête Léger a indiqué en mai qu'appelés à voter, les Québécois se seraient rangés à 46 % derrière la CAQ ; c'est 10 points de mieux que le résultat du 1er octobre. Tous les autres partis perdent des plumes. Chez les francophones, les libéraux attirent un famélique résultat de 10 %. L'humeur de la population a joué un rôle de déclencheur dans la décision de finalement retourner à la clientèle les trop-perçus d'Hydro-Québec. M. Legault s'y était clairement opposé, mais dans la population, la pression montait.

Le mécontentement des sinistrés

Le gouvernement - Geneviève Guilbault, notamment - a eu une réaction impeccable durant les inondations. Mais une fois les caméras parties, le mécontentement de bien des sinistrés reste lancinant. Même réaction rapide lors de la mort de la fillette à Granby - la formation de la commission spéciale de Régine Laurent aura été plus laborieuse, toutefois.

En Chambre, le gouvernement est, il faut le dire, bien servi par la désorganisation du côté du Parti québécois (PQ) et du PLQ.

Les deux partis sont dirigés par des chefs intérimaires. Au PLQ, les Gaétan Barrette et Sébastien Proulx n'étaient pas partisans du fait d'étirer le débat sur la laïcité, une position qui rapproche encore davantage, si possible, le PLQ des non-francophones.

Au quotidien, le Dr Barrette est devenu un acteur incontournable, multipliant les interventions, débordant largement son rôle de critique dans les dossiers du Conseil du trésor. Dominique Anglade et Marwan Rizqy ne chôment pas non plus, conscientes que leur visibilité sera un ingrédient important dans la course qui s'annonce.

Du côté du PQ, le chef intérimaire Pascal Bérubé est un quart-arrière aux passes précises, ce qui laisse un peu dans l'ombre les éventuels aspirants, Véronique Hivon et Sylvain Gaudreault. À Québec solidaire, Manon Massé et Gabriel Nadeau-Dubois occupent l'avant-scène, mais Christine Labrie, Émilise Lessard-Therrien et Ruba Ghazal sont en train de gagner le respect de leurs collègues.




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