(Victoriaville) En vue des prochaines élections fédérales, les conservateurs au Québec espèrent surfer sur la vague de popularité qui a fait élire le gouvernement majoritaire de François Legault dans la province il y a quelques mois.

Catherine Lévesque
La Presse canadienne

Ils espèrent ainsi doubler leur nombre de sièges au Québec et visent de 20 à 25 députés en 2019 dans la province.

Les candidats, les députés conservateurs au Québec et plusieurs centaines de militants sont à Victoriaville vendredi soir et samedi pour un conseil général. Séances de formation, panel médiatique et discours du chef Andrew Scheer sont au menu.

Le lieutenant conservateur au Québec, le député Alain Rayes, ne cache pas qu’il s’inspire de la stratégie de la Coalition avenir Québec (CAQ) pour le recrutement des candidats. Il ne cherche pas des vedettes connues à l’échelle nationale, mais des gens bien implantés dans leur milieu.

« La CAQ a vu aussi les mêmes choses que nous et peut-être que nos chemins se croisent présentement », affirme M. Rayes.

« Ça nous montre le potentiel, ça donne de l’espoir, ça, je peux le confirmer. On pense être capable de faire des percées jusque sur l’île de Montréal, comme la CAQ a réussi à faire », ajoute-t-il.

Le Parti conservateur du Canada a discrètement annoncé des dizaines de candidatures à travers le Québec dans les dernières semaines. L’objectif est d’avoir une équipe prête à faire campagne bien avant le début de l’élection, à l’instar de la CAQ l’an dernier.

Jusqu’à présent, le parti compte 56 candidatures confirmées sur 78 circonscriptions au Québec, incluant les 11 députés élus à la Chambre des communes sous la bannière conservatrice en 2015.

De ces 56 candidatures, 41 % sont des femmes, ce qui place le nombre de candidates dans la zone paritaire. Ce n’est pourtant pas le but visé au terme de l’exercice, confirme M. Rayes, qui dit vouloir miser d’abord sur la compétence au lieu de remplir des quotas.

La candidate conservatrice à Québec Bianca Boutin le dit d’emblée : elle n’est pas une « candidature vedette ».

Mme Boutin, qui était jusqu’à tout récemment attachée de presse pour l’ex-ministre libérale Lucie Charlebois, estime avoir gagné son investiture à force de cogner aux portes et de recruter des membres.

« Moi, je suis de Québec, j’ai grandi là, je fais mon épicerie au Métro dans le quartier. C’est en allant me faire connaître que je pense que je vais gagner », estime la mère de deux fillettes.

D’autres candidatures au profil plus public ont eu besoin d’un peu plus de persuasion de la part des troupes conservatrices au Québec.

L’ex-joueur de hockey Angelo Esposito, qui se présente dans la circonscription Alfred-Pellan à Laval, dit qu’il n’avait pas songé à se présenter en politique. Mais force est d’admettre qu’il y a de grandes similitudes entre le hockey et le sport, selon lui.

« C’est un travail d’équipe. C’est d’aller dans les coins et de gagner des batailles pour le monde », illustre celui qui espère voir une « vague bleue » au Québec.

Pipelines : une « pédagogie » à faire

Les conservateurs promettent de dévoiler un plan en environnement à une date encore indéterminée. Mais pas question de remettre en cause leur appui aux pipelines pour transporter du pétrole, disent-ils.

« Ce n’est pas un sujet qui est sexy à vendre au Québec », reconnaît M. Rayes, qui dit qu’il y aura de la « pédagogie » à faire à ce sujet auprès des Québécois.

Les conservateurs comptent taper sur le clou du « réalisme ». Les citoyens sont nombreux à acheter des camions de style « pick-up » et des véhicules utilitaires sport qui consomment plus d’essence.

« Nous, on a décidé de faire le choix de dire les vraies choses, d’assumer notre position et les gens vont comprendre à la toute fin », laisse tomber M. Rayes.

Le parti souhaite aussi faire rouler l’économie des provinces de l’Ouest en exploitant leur pétrole des sables bitumineux, réputé plus polluant.

« On pense que c’est la meilleure solution et on fait tourner notre économie, le temps que la population fasse les changements, que les gens changent leurs habitudes de consommation », conclut M. Rayes.