Une plainte a été déposée à la Commission municipale du Québec (CMQ) contre le maire d'Hampstead, William Steinberg, pour ses propos associant le projet de loi sur la laïcité de l'État à du « nettoyage ethnique ».

TOMMY CHOUINARD, MÉLANIE MARQUIS LA PRESSE

La ministre des Affaires municipales, Andrée Laforest, a confirmé l'information lors d'une mêlée de presse mercredi. Un citoyen de l'arrondissement de LaSalle, Jean-François Racine, a révélé sur les réseaux sociaux qu'il est à l'origine de la plainte. Il réclame une enquête en bonne et due forme.

Les propos du maire ont été décriés unanimement à l'Assemblée nationale. Les élus lui ont demandé des excuses. M. Steinberg n'en a toujours pas présentées.

Le premier ministre François Legault a esquivé une question lui demandant si le maire devait démissionner. « On va laisser la Commission faire son travail », a-t-il répondu. Il a toutefois fait valoir que M. Steinberg « est en train de s'isoler » et « de se mettre à dos la majorité des Québécois ». « Je ne pense pas que ça va aider sa crédibilité », a-t-il ajouté.

Trudeau espère des excuses

Le premier ministre Justin Trudeau estime que le maire d'Hampstead devrait s'excuser pour le parallèle «inacceptable» qu'il a établi entre le projet de loi québécois sur la laïcité et une forme de «nettoyage ethnique».

«J'espère qu'il va s'excuser. On n'a pas besoin d'aller aux extrêmes, on peut débattre du projet de loi sans pousser trop fort», a fait valoir le premier ministre à son arrivée à la rencontre hebdomadaire du caucus libéral, mercredi matin.

«On ne devrait pas utiliser des mots comme ça. Évidemment, quand on parle de l'Holocauste, il faut toujours faire attention; il faut faire attention de ne pas aller vers les extrêmes dans ce débat», a-t-il argué lors d'une brève mêlée de presse.

«Il y a assez de substance dans ce projet de loi pour l'avoir de façon respectueuse», a ajouté Justin Trudeau, en précisant qu'il «comprend» l'inquiétude que certains ont face au projet de loi 21.

Le gouvernement Trudeau refuse de préciser comment il a l'intention de réagir à ce projet de loi, avec lequel il est en net désaccord. Plusieurs élus, le premier ministre en tête, l'ont dénoncé avec véhémence ces derniers jours.

À la Chambre des communes, depuis le début de la semaine, le Bloc québécois demande d'obtenir une garantie que le fédéral ne contestera pas la loi devant les tribunaux, ou n'interviendra pas dans une potentielle contestation judiciaire.

Le ministre de la Justice du Canada, David Lametti, n'a offert que des réponses floues à ces questions. Le recours prévu dans le projet de loi 21 à la disposition de dérogation pourrait compliquer la donne pour le fédéral.