Le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Pierre Dufour, doute que les agents de la faune puissent contrôler les immatriculations au registre des armes.

MARTIN CROTEAU LA PRESSE

M. Dufour, mardi, a dit croire qu'il sera difficile pour ces agents de vérifier rapidement si les chasseurs respectent la loi.

« Avec le domaine internet qu'on a dans les régions éloignées, je peux vous dire une chose, ce n'est pas évident. Ça, je peux vous le dire », a convenu M. Dufour.

« Il faudrait voir si, dans la pratique, dans la technique, tout ça est fonctionnel et faisable, a-t-il ajouté. Parce que c'est deux choses : de mettre une loi en place, c'est un élément, et deuxièmement, d'avoir les techniques pour être capable de le faire. L'un et l'autre doivent s'appuyer. »

La loi, adoptée par le précédent gouvernement libéral, prévoit qu'un agent de la faune « peut » demander aux chasseurs qu'ils fournissent le numéro du Système d'immatriculation des armes à feu (SIAF). Mais le choix d'effectuer ce contrôle est laissé à la discrétion de chaque agent. De plus, la loi ne leur donne pas le pouvoir de saisir les armes des propriétaires non conformes ou de leur imposer une amende.

Le Syndicat des agents de protection de la faune du Québec a déjà affirmé être tiède à l'idée que ses membres soient chargés de faire respecter la loi sur le registre. Il craint que cette nouvelle responsabilité n'expose ses membres à des conflits dans la forêt.

Depuis le 29 janvier, tous les propriétaires d'armes ont l'obligation de les enregistrer au SIAF. Mais le programme, très impopulaire chez les chasseurs, est largement boycotté.

En date du 4 avril, moins de 470 000 des quelque 1,6 million d'armes en circulation au Québec avaient été enregistrées.

Assouplissements

La ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, a annoncé des assouplissements pour inciter les chasseurs à cesser de bouder le registre. Ils n'auront plus à fournir un numéro d'immatriculation ni des informations sur la longueur du canon de leur arme. La ministre compte aussi modifier certaines dispositions qui touchent le déplacement des armes.

Ces mesures nécessitent l'adoption d'un projet de loi, que Mme Guilbault doit présenter avant Pâques. La ministre a confirmé mardi que la pièce législative toucherait le travail des agents de la faune, mais n'a pas précisé de quelle manière, pour ne pas violer le privilège parlementaire.

« Ce sera un pas très concret dans la direction de susciter davantage d'adhésion, a assuré Mme Guilbault. Nous reconnaissons qu'il existe des irritants. Commençons par au moins corriger cette situation et, par la suite, on verra. »

Le groupe PolySeSouvient, qui milite pour le contrôle des armes, presse le gouvernement Legault de mettre fin aux « échappatoires » qui permettent aux chasseurs de boycotter le registre en toute impunité. L'organisme réclame que les agents de la faune soient mis à contribution pour assurer le respect de la loi.

- Avec la collaboration de Tommy Chouinard

PHOTO YAN DOUBLET, ARCHIVES LE SOLEIL

Le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Pierre Dufour