André Fortin a reconnu mardi que devenir chef d'un Parti libéral «en reconstruction» aurait eu un «impact monstre» sur sa vie familiale.

MARTIN CROTEAU LA PRESSE

Le député de Pontiac a confirmé qu'il ne briguera pas la direction du PLQ.

Après plusieurs mois de réflexion, il est venu à la conclusion que ce poste n'était pas compatible avec son rôle de père, lui qui a deux filles âgées de 6 ans et 2 ans.

«Dans ma vision familiale, j'avais plus peur de gagner la chefferie qu'autre chose, a-t-il confirmé. C'est là où, vraiment, il y aurait eu un impact monstre sur ma vie familiale. Et c'est là, vraiment, qu'il y a eu un déclic.»

M.  Fortin, qui représente une circonscription de l'Outaouais, s'est dit bien au fait des exigences de la vie politique. Comme député, il est déjà appelé à voyager chaque semaine, et son horaire était plus chargé encore lorsqu'il était ministre.

«Mais le rôle d'un chef de parti en reconstruction qui doit être proche des militants, je me connais, je le ferais sept jours par semaine et 15-16 heures par jour», a-t-il convenu.

Le député s'est dit optimiste quant à l'avenir du Parti libéral, qui a essuyé l'une des pires défaites de son histoire aux élections du 1er octobre. La formation politique a été réduite à 29 députés, dont seulement deux hors de la région de Montréal.

«C'est un peu une page blanche en ce moment, le Parti libéral. Et ça, c'est intéressant pour n'importe quel parti politique. C'est un moment charnière où on peut se redéfinir.»

Rizqy et Anglade toujours en réflexion 

Âgé de 37 ans, André Fortin était perçu comme favori dans la course à la succession de Philippe Couillard. Les militants libéraux se réuniront en mai à Drummondville afin de définir les règles de la prochaine course à la direction du parti.  

La députée libérale de Saint-Laurent, Marwah Rizqy, ne cache pas qu'elle réfléchit à la possibilité de se lancer dans la course. Si sa décision finale n'est pas prise, elle estime que son parti a tout d'abord besoin de renouvellement.  

«Je travaille sur une plateforme pour 2022 parce que ce n'est pas vrai qu'on va se présenter devant les Québécois avec [des promesses pour] des pailles en bambou et une deuxième carte d'assurance maladie», a dit la jeune députée de 33 ans, mardi.    

«J'invite l'ensemble de ma formation politique à réfléchir à comment nous reconnecter avec les militants. C'est le travail qui est essentiel et que nous avons à faire», a également dit l'ex-vice première ministre du Québec, Dominique Anglade, que certains voient désormais comme ayant une longueur d'avance dans la prochaine course.  

Les autres députés libéraux ont dit comprendre la décision de leur collègue.

«La famille est toujours un facteur lorsqu'on décide de faire la politique et comment on la fait», a convenu le député libéral Marc Tanguay.

«La famille, c'est important, a renchéri sa collègue Lise Thériault. C'est la seule chose qui nous reste vraiment.»

- Avec Hugo Pilon-Larose, La Presse