Le gouvernement Legault met « un genou à terre » en proposant d'arrimer les évaluations environnementales de certains projets industriels au processus fédéral, a dénoncé le Parti québécois, mercredi.

Mis à jour le 23 janv. 2019
MARTIN CROTEAU LA PRESSE

En entrevue à La Presse, le ministre de l'Environnement, Benoit Charette, a indiqué qu'il lancera des négociations avec Ottawa dans le but d'éliminer le chevauchement d'évaluations des projets industriels, comme on le voit dans le cas du gazoduc entre l'Ontario et le Saguenay. Il a évoqué la possibilité de tenir des examens conjointement avec Ottawa.

Cette perspective inquiète le chef intérimaire du Parti québécois, Pascal Bérubé. Il craint que Québec cède à Ottawa le pouvoir de décider si des projets comme des pipelines se construiront sur le territoire du Québec.

« Si c'est ça, le nouveau nationalisme de la CAQ, je pense que ça manque d'ambition », a ironisé M. Bérubé à son arrivée à une réunion du caucus de ses députés.

Le député péquiste Sylvain Gaudreault a abondé dans le même sens. Il reproche au ministre Charette de mettre « un genou à terre » devant le fédéral.

Il rappelle que le processus d'évaluation fédéral a été maintes fois critiqué ces dernières années dans la foulée des réformes du précédent gouvernement Harper.

« À partir du moment où on ouvre la porte à faire des évaluations conjointes, c'est comme si on cédait au point de départ la portion de la souveraineté du Québec en matière d'environnement, a déploré M. Gaudreault. Au contraire, la principale revendication qu'il faut faire, c'est d'avoir toutes les compétences en matière d'environnement. »

Le projet de gazoduc et de terminal de liquéfaction piloté par GNL Québec met en lumière les nombreux dédoublements des processus réglementaires. Le gouvernement Legault mènera deux évaluations distinctes sur les deux volets du projet. Et le fédéral mènera lui aussi deux examens, un par l'Office national de l'énergie et l'autre par l'Agence canadienne d'évaluation environnementale.

Le gouvernement Legault soutient qu'il a le pouvoir de dire non au projet. Et ce, même si dans le passé Ottawa a revendiqué la prérogative d'approuver des projets interprovinciaux.