(Ottawa) La colline du Parlement recommence à bourdonner d’activité, alors que les recrues effectuent leur rentrée dans la capitale fédérale.

Mélanie Marquis Mélanie Marquis
La Presse

Une poignée d’entre eux étaient sagement assis, munis d’un ordinateur ou d’un calepin, dans une salle de comité transformée en salle de classe pour l’occasion, mardi matin.

Au total, ils sont 90 à faire leurs premiers pas en politique fédérale. Huit autres sont de retour après avoir siégé antérieurement comme députés à la Chambre des communes.

C’est le cas de la bloquiste Claude DeBellefeuille, qui était attablée dans la salle de l’édifice Wellington pour la séance d’orientation.

L’élue, qui a été nommée whip du caucus, connaît bien les rouages du Parlement, ayant siégé aux Communes entre 2006 et 2011.

De retour, également, son collègue Stéphane Bergeron, qui a remporté la victoire dans la circonscription de Montarville.

«Ça me faisait un peu étrange de revenir ici aujourd’hui non pas seulement en tant que visiteur, mais en tant que député , a-t-il laissé tomber en mêlée de presse.

PC

Stéphane Bergeron, du Bloc québécois, a été élu dans la circonscription de Montarville.

Celui qui a siégé pour le Bloc québécois entre 1993 et 2005 n’est pas en terrain inconnu dans ce contexte de gouvernement minoritaire, ayant connu celui de Paul Martin.

À l’instar de son chef Yves-François Blanchet, il a exprimé le souhait qu’en dépit de cette situation, le Parlement canadien fonctionne.

Il invite ses collègues à «garder la tête froide», la «tentation de vouloir en découdre» pouvant être très forte.

«Généralement, dans le système britannique, un gouvernement va préférer être battu et retourner en élection plutôt que de collaborer», a illustré M. Bergeron.

Les séances d’orientation pour députés sont offertes par le personnel d’administration de la Chambre des communes.

Les petits groupes sont composés d’élus de toutes les formations. Ce matin, on a aperçu le libéral Steven Guilbeault prêt à écouter le cours magistral.

Le processus d’assermentation des 338 députés de la Chambre doit se mettre en branle sous peu.

Quant au conseil des ministres, il sera assermenté le 20 novembre prochain, a annoncé Justin Trudeau la semaine dernière.

Alberta et Québec au cœur de la transition

Le premier ministre désigné s’est présenté ce matin à Rideau Hall, où il a confirmé à la gouverneure générale, Julie Payette, son intention de former le gouvernement.

Il le fera en s’appuyant sur les conseils de deux femmes : l’ancienne ministre libérale Anne McLellan et l’ambassadrice du Canada en France, Isabelle Hudon.

Respectivement issues de l’Alberta et du Québec, elles agiront à titre de conseillères pendant la période de transition, a confirmé mardi le bureau de Justin Trudeau.

Les libéraux ont des défis considérables dans les deux provinces : dans la première, ils ont été rayés de la carte, et dans la seconde, le Bloc a fait une percée considérable.

Le premier ministre désigné a soutenu en conférence de presse la semaine passée que les résultats du scrutin lui avaient donné de quoi réfléchir.

L’équipe de transition de 2015 était chapeautée par l’Ontarien Peter Harder, que Justin Trudeau a ensuite été nommé représentant du gouvernement au Sénat.

Elle était également composée de Gerald Butts et Katie Telford, aussi de l’Ontario, dont l’influence faisait grincer des dents au sein du caucus et du cabinet.

On tient pour acquis que le premier, qui a démissionné dans la foulée de l’affaire SNC-Lavalin mais a mis l’épaule à la roue pendant la campagne, ne sera pas de retour.

Quant à la seconde, des rumeurs l’envoient ambassadrice à Washington.

En coulisses, des libéraux arguent – et ce, depuis un bon moment – que Justin Trudeau doit s’entourer de proches conseillers provenant d’ailleurs que Toronto.

Le parti n’ayant aucun élu en Alberta et en Saskatchewan, le premier ministre désigné doit trouver un moyen de s’assurer que les provinces ne soient pas sans voix à Ottawa.