Le ministre des Finances, Bill Morneau, a demandé au Bureau du surintendant des institutions financières (BSIF) d’ouvrir une enquête sur le vol des données personnelles de quelque 6 millions de Canadiens, clients de Capital One.

Fanny Lévesque Fanny Lévesque
La Presse

La banque américaine a annoncé lundi que les données personnelles de 106 millions de ses clients avaient été volées par un pirate informatique. La voleuse présumée serait une Américaine du nom de Paige Thompson, 33 ans. Elle vit à Seattle dans l’État de Washington où elle a été arrêtée par le FBI.

«Nous sommes très préoccupés par la brèche inacceptable à Capital One. J’ai demandé au BSIF de mener une enquête et de veiller à ce que les mesures appropriées soient prises», a écrit le ministre Morneau sur Twitter.

PC

Bill Morneau

Bill Morneau assure au passage que le ministre de la Sécurité publique et de la Protection civile, Ralph Goodale, est en communication avec les autorités américaines. «Les Canadiens touchés doivent contacter Capital One immédiatement. Nous travaillons fort sur ce dossier», a ajouté le ministre Morneau.

Le ministre des Finances rappelle que la banque américaine est également soumise «au régime fédéral canadien de protection de la vie privée» et que «tout manquement» pourrait «entraîner des pénalités importantes».

Le Commissariat à la protection de la vie privée au Canada a par ailleurs été avisé par Capital One de cet important vol de données personnelles.

«Compte tenu du nombre de personnes touchées et de la nature de l’incident, il ne fait pas de doute que cela soulève d’importantes préoccupations sur le plan de la protection de la vie privée. Le commissariat est entré en communication avec Capital One à ce sujet et reste en étroite communication avec l’entreprise», a fait valoir une porte-parole du commissariat dans un courriel transmis à La Presse.

Cette intrusion est un des plus importants piratages informatiques affectant une grande banque américaine, Capital One étant le cinquième émetteur de cartes de crédit bancaires aux États-Unis. L’établissement «a déterminé qu’un individu extérieur a eu un accès non autorisé (à son réseau) et a obtenu certaines informations personnelles».

Les informations illégalement obtenues appartiennent aux consommateurs ainsi qu’aux petites entreprises s’étant adressés à Capital One entre 2005 et début 2019.

Elles vont des noms, adresses, codes postaux, numéros de téléphone, aux adresses courriel en passant par les dates de naissance ou encore les revenus déclarés.

- Avec l’Agence France-Presse