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Services en français: Doug Ford fait marche arrière

Le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford... (Photo Chris Young, archives LA PRESSE CANADIENNE)

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Le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford

Photo Chris Young, archives LA PRESSE CANADIENNE

(OTTAWA) Confronté à une pluie de critiques depuis une semaine pour avoir coupé dans les services en français en Ontario, le gouvernement conservateur de Doug Ford fait en partie marche arrière et tend une perche à la communauté franco-ontarienne.

Dans une longue déclaration écrite émise en fin de journée, vendredi, le premier ministre Ford a annoncé que son gouvernement va maintenir le poste de commissaire aux services en français et qu'il jouira toujours du pouvoir de mener des enquêtes indépendantes, même si ce poste se retrouvera sous la houlette de l'ombudsman de la province, et il ouvre la porte au financement de l'Université de langue française en Ontario dès que les finances de la province le permettront.

En outre, il compte recréer un ministère des Affaires francophones en bonne et due forme, et indique que la responsabilité de ce ministère sera confiée à la Procureure générale de l'Ontario, Caroline Mulroney. En formant son cabinet, en juin, M. Ford avait opté pour un poste de ministre délégué aux Affaires francophones - des fonctions qui incombaient déjà à Mme Mulroney.

Dans sa déclaration, M. Ford a soutenu que Mme Mulroney, en tant que ministre des Affaires francophones, aura « le pouvoir de défendre les intérêts des Franco-Ontariennes et des Franco-Ontariens et de veiller à la prestation des services en français ». Enfin, M. Ford compte embaucher un conseiller principal en politiques responsable des affaires francophones à son bureau pour mieux l'aiguillonner sur les dossiers qui touchent les Franco-Ontariens.

Ayant visiblement sous-estimé la grogne qu'a provoquée cette décision d'un bout à l'autre du pays et les conséquences néfastes pour l'unité nationale, M. Ford souhaite aussi tourner la page sur cet épisode qui a causé l'émoi au sein de la communauté franco-ontarienne, qui était prête à se rendre devant les tribunaux, au besoin, pour préserver ses acquis, comme elle l'avait fait lorsque l'ancien gouvernement conservateur de Mike Harris avait tenté de fermer l'hôpital Montfort, à la fin des années 1990.

« Je tiens à remercier Caroline Mulroney, une ministre qui défend mieux que quiconque les droits de la population, ainsi que tous ceux et celles qui ont communiqué avec moi et avec les membres de mon cabinet pour faire valoir les contributions de la communauté franco-ontarienne dans notre province », a déclaré le premier ministre Ford.

Invoquant la précarité des finances publiques,  le gouvernement Ford a provoqué une commotion en annonçant la semaine dernière qu'il mettait la hache dans le projet de création de l'Université de l'Ontario français, alors qu'il était sur le point d'aboutir, et qu'il abolirait le Commissariat aux services en français, créé il y a huit ans. Dans son énoncé économique, le gouvernement Ford estimait à 14,5 milliards de dollars le déficit pour l'exercice financier en cours.

« Les Franco-Ontariennes et Franco-Ontariens ont des valeurs fortes qui sont profondément ancrées dans l'histoire de notre province. Ils ont oeuvré pendant des générations pour promouvoir et préserver leur belle culture et leur langue en Ontario, et poursuivent leurs efforts aujourd'hui », a affirmé Doug Ford.

M. Ford a dit être prêt à rencontrer sur une base plus fréquente les membres de la communauté franco-ontarienne et leurs organismes afin d'établir un « dialogue constructif qui permettra de mettre en avant le dynamisme de la francophonie ontarienne ».

Pour sa part, la ministre Caroline Mulroney a dit que le projet de construction d'une université de langue française est retardé, mais pas mis au rancart.  

« J'attends avec impatience le jour où l'état des finances publiques nous permettra d'aller de l'avant avec des projets comme celui de l'université de langue française, des projets qui contribuent à unifier la communauté et à protéger notre langue et notre culture », a déclaré la ministre Mulroney.

« Je resterai une ardente défenseure de cette université, pour et par les francophones, de sorte que, dès que nous serons en mesure d'en entreprendre la construction, le projet pourra être amorcé. Bien que la réalité de la situation financière de notre province ne permette pas la création d'une nouvelle université autonome de langue française à l'heure actuelle, je vais continuer d'appuyer des modèles d'enseignement qui répondent aux besoins des étudiantes et des étudiants francophones et de la communauté francophone. »

PAS SUFFISANT, DIT L'EX-MINISTRE MADELEINE MEILLEUR

Mais l'ex-ministre libérale responsable des Affaires francophones dans l'ancien gouvernement de Kathleen Wynne, Madeleine Meilleur, estime que les concessions du gouvernement Ford, vendredi soir, sont insuffisantes.

« Il n'y a pas vraiment de gain », a-t-elle déclaré au quotidien Le Droit.

Mme  Meilleur considère « inacceptable » de retarder l'ouverture de l'Université de l'Ontario français et que le calendrier établi par le conseil d'administration de l'institution - qui prévoit une ouverture en 2020 - doit être respecté.

À son avis, la décision de recréer un ministère des Affaires francophones ne sera une bonne nouvelle uniquement si cette mesure est assortie d'un budget d'opération et l'embauche de personnel.

Quant au poste de commissaire aux services en français, qui sera sous la houlette du Bureau de l'ombudsman, il s'agit d'un « retour à la case départ », selon Mme Meilleur. Elle a soutenu que le commissaire doit demeurer indépendant d'autant plus qu'il a su formuler « d'excellentes recommandations » dans le passé, lesquelles ont contribué à « beaucoup améliorer les services en français » en Ontario.

Pour sa part, le bureau du commissaire aux services en français de l'Ontario, François Boileau, dit vouloir analyser les tenants et aboutissants de cette décision avant de formuler des commentaires.

UNE DEMI-VICTOIRE, DIT MÉLANIE JOLY

À Ottawa, la ministre du Tourisme et responsable des langues officielles au sein du gouvernement Trudeau, Mélanie Joly, qui a finalement pu discuter de ce dossier avec Mme Mulroney vendredi, a soutenu qu'il s'agit d'une demi-victoire. Mme Joly a multiplié les sorties depuis une semaine pour contraindre le gouvernement Ford de revenir sur sa décision.

« Clairement, le mouvement porté par les Franco-Ontariens, et que notre gouvernement a appuyé dès le départ, s'est fait entendre. Il s'agit cependant de mesures qui visent à apaiser la grogne. Nous allons devoir veiller au grain, et travailler de très près avec la communauté pour assurer de protéger les acquis » a-t-elle affirmé.

« Nous entendons étudier avec attention les mesures annoncées aujourd'hui, et ce, aux côtés de la communauté franco-ontarienne. Notre gouvernement continue de favoriser une collaboration fructueuse avec toutes les provinces et tous les territoires afin de pouvoir mettre en oeuvre des programmes et des initiatives visant à appuyer la francophonie canadienne. ».




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