Des centaines de milliers de Québécois ont passé la soirée de mardi les yeux rivés à leur petit écran pour suivre les échanges musclés entre les chefs. Dans les minutes qui ont suivi la fin du débat télévisé, La Presse a recueilli les réactions de quelques électeurs d'allégeances diverses.

Viollaine Ballivy LA PRESSE

Lisette Talbot, 52 ans, conseillère en gestion des ressources humaines, Kamouraska.

«Pauline Marois m'a profondément déplu. Elle était suffisante, elle n'a pas arrêté d'accuser Jean Charest de tous les maux, mais elle n'a rien promis d'intéressant. Jean Charest a patiné un peu ; c'est normal, il était attaqué de tous les côtés. Mario Dumont a été très bon sur la santé et en éducation, et il a proposé des mesures concrètes pour les aidants naturels. Mais il manque encore trop d'expérience pour que je l'appuie.»

Christiane Rancourt, 49 ans, vendeuse, Laval.

«C'est Mario Dumont qui s'est le mieux défendu, surtout à propos de la santé ; mais il n'a pas prouvé qu'il a ce qu'il faut pour devenir premier ministre. Il manque d'expérience. Pauline Marois avait de bonnes formules, mais rien de neuf à offrir. Jean Charest ne m'a pas rassurée sur l'état de santé de la Caisse de dépôt. Aucun ne m'a convaincue de lui donner mon vote.»

René Plouffe, 70 ans, retraité, Trois-Rivières.

«Ma grosse déception, c'est qu'aucun des trois chefs n'ait expliqué comment il améliorerait la situation des personnes âgées. Ils ont à peine effleuré la question des aidants naturels. Je donnerais 9/10 à Jean Charest, 8/10 à Mario Dumont et 7/10 à Pauline Marois. Jean Charest était très solide en éducation, en santé et sur la famille. Pauline Marois était trop négative.»

André Garant, 62 ans, retraité, Lévis.

«Pauline Marois m'a agréablement surpris. Elle crevait l'écran, paraissait très à l'aise et avait un langage corporel très rassurant. Elle a eu beaucoup de bonnes formules-chocs, comme lorsqu'elle a reproché à Jean Charest de proposer aux Québécois des élections d'abord, la vérité ensuite. Jean Charest m'a déçu. Son discours s'est limité à un déluge de statistiques. Les Québécois sont autre chose que des statistiques. Comme toujours, Mario Dumont a été habile, mais il s'est un peu écrasé entre les deux autres chefs.»

Vincent Marleu, 52 ans, travailleur autonome, Montréal.

«Je n'ai pas aimé le débat, très cacophonique et trop agressif. Même Stéphane Bureau a perdu le contrôle à un moment donné. Jean Charest a été habile en évitant de parler de son bilan. Pauline Marois a été assez habile, mais c'est Mario Dumont qui possédait le mieux ses dossiers.»