Pour désengorger les routes et les ponts autour de Montréal, le Parti libéral mise sur une hausse substantielle de l'offre de service des trains de banlieue ainsi que sur l'augmentation du nombre de stationnements incitatifs.

Malorie Beauchemin
Malorie Beauchemin LA PRESSE

S'il est réélu, Jean Charest promet d'ajouter 230 départs par semaine, en plus des 80 départs supplémentaires annoncés en octobre dernier, pour une hausse totale de 50% de l'offre de service. De plus, un gouvernement libéral ajouterait 10 000 places de stationnement sur la Rive-Sud et dans la couronne Nord pour les utilisateurs des trains de banlieue. Donc «10 000 voitures de moins sur les routes, c'est une réduction de 22 000 tonnes de gaz à effet de serre», a dit le chef libéral devant les wagons de l'Agence métropolitaine de transport (AMT), à la gare Lucien-L'Allier.

 

Les deux mesures coûteraient 260 millions, mais le gouvernement supporterait 75% des frais, soit près de 200 millions de dollars. Le reste serait payé par l'AMT. Le chef libéral n'a pas exclu que les tarifs puissent augmenter. «C'est important que les citoyens sachent qu'avec les tarifs, ils en sortent gagnants dans la mesure où ils ne prennent pas leur voiture. Tout le monde en sort gagnant en qualité de vie et sur le plan environnemental», a-t-il estimé.

M. Charest promet de déployer rapidement les nouveaux départs de trains, qui pourraient devenir réalité dans un an ou deux. Le chef libéral fait le pari que les banlieusards accepteront de laisser leur véhicule à la maison.

«Chaque fois qu'on a augmenté l'offre, la fréquentation a dépassé les prévisions», a-t-il affirmé. Néanmoins, le chef libéral a défendu les décisions de son gouvernement de construire de nouvelles autoroutes, notamment la 30. Il estime qu'il faut travailler sur tous les fronts pour régler les problèmes de congestion routière.

Le chef libéral a accusé réception des demandes du maire de Montréal, Gérald Tremblay, et a promis d'y répondre, mais il a refusé hier de se positionner sur le projet de tramway dans la métropole.

En après-midi, le chef libéral a dressé la liste des projets déjà annoncés pour Montréal qui bénéficieront du plan d'infrastructures présenté par son gouvernement en octobre 2007, mais qu'il promet de bonifier s'il est réélu.

Le Quartier des spectacles, la reconstruction de l'échangeur Turcot et l'ajout de nouvelles voitures de métro font partie de ces projets, pour lesquels M. Charest estime les investissements totaux à 19 milliards en cinq ans.

Le chef libéral promet de revenir à Montréal dans les prochaines semaines pour annoncer de nouveaux projets, dont il a refusé de dévoiler la teneur hier. À Québec, plus tôt cette semaine, il a promis d'investir dans les infrastructures sportives et culturelles, en plus d'appuyer la candidature de la ville aux Jeux olympiques.

En soirée, le chef libéral a pris l'avion pour Sept-Îles, coup d'envoi d'une tournée des régions du Québec qui le mènera de la Côte-Nord jusqu'en Abitibi-Témiscamingue, en passant par la Gaspésie et le Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Une partie de la population des régions ressources pourrait toutefois ne pas l'accueillir à bras ouverts étant donné la crise dans les secteurs manufacturier et forestier. Les fermetures d'usines se sont multipliées dans les dernières années, et le chef libéral a tenté, hier, de défendre les actions de son gouvernement dans la gestion de cette crise. «On a investi 1,4 milliard dans un plan forestier qui a été bien reçu, on a investi 620 millions dans un plan manufacturier. On propose de réinvestir 1 milliard de dollars à Investissement-Québec pour venir en aide aux petites et moyennes entreprises», a souligné M. Charest en réponse au mécontentement des travailleurs, exprimé à plusieurs reprises.