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Gilles Robert (1929-2013): le premier graphiste indépendant du Québec

Outre les nombreux prix qu'il a remportés au... (Photo fournie par la famille)

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Outre les nombreux prix qu'il a remportés au cours de sa carrière, Gilles Robert était membre de l'American Institute of Graphic Arts et de l'Académie royale des arts du Canada.

Photo fournie par la famille

Florence Tison
La Presse

L'appartement de Gilles Robert est jonché de boîtes débordantes de dessins et de livres de graphisme. La table de cuisine est couverte des crayons, des pinceaux et des feutres ayant servi à créer les logos qu'on remarque encore, comme celui de la Place des Arts de Montréal.

Les deux fils du designer graphique trient la montagne de documents, témoignages de l'histoire du graphisme québécois. Leur père s'est éteint à Montréal le 21 décembre à l'âge de 84 ans.

«On sait que ça a une certaine valeur, on ne sait pas laquelle, explique le cadet, Simon. La Société des designers graphiques du Québec a dit qu'elle veut les numériser, les rendre accessibles en ligne et remettre les pièces à la Bibliothèque nationale.»

Gilles Robert a reçu son diplôme en 1950 à l'École des arts graphiques, maintenant intégrée au cégep Ahuntsic. Il y a enseigné de 1953 à 1964 aux côtés du graveur et professeur d'art Albert Dumouchel.

Peu après, Gilles Robert est devenu le premier graphiste indépendant du Québec en fondant sa propre agence. Auparavant, le graphisme était surtout lié à l'imprimerie, selon la vice-présidente au développement de la Société des designers graphiques du Québec, Carina Marinelli. Gilles Robert était quant à lui un artisan.

«Un pionnier, parce qu'il a conçu des campagnes, des publicités dans la mouvance des designers européens immigrés aux États-Unis, une nouvelle vague très créative», souligne-t-elle.

Gilles Robert a créé notamment des affiches pour le TNM et l'Orchestre symphonique de Montréal, et les logos du Service de police de la Ville de Montréal, de la Commission scolaire de Montréal, de la Ville de Terrebonne et du Complexe Desjardins.

Souvenirs

Alors que le fils cadet évoque son père, son frère Martin interrompt régulièrement ses souvenirs avec d'autres autrement évocateurs. Il extirpe d'une pile un grand cahier rempli de coupures de journaux commentés à l'encre rouge. «Il analysait beaucoup l'actualité», se rappelle Simon.

C'est peut-être son goût pour l'information qui a amené Gilles Robert à La Presse au début des années 60. Avec ses mises en page dynamiques, son passage comme directeur artistique n'est pas passé inaperçu. The Society of Typographic Designers of Canada a récompensé son travail quatre années de suite.

De 1966 à 1987, il a dirigé sa propre agence, Gilles Robert et Associés, et l'a fermée pour se joindre à la firme National, où il a été chef du cabinet de graphisme jusqu'en 1988. Il a souvent siégé dans des jurys de concours et a participé en 1991 à l'organisation du premier congrès de l'International Council of Communication Design (ICOGRADA) à Montréal.

L'arrivée de l'ordinateur dans le domaine du graphisme a précipité la fin de la carrière de Gilles Robert. «Il n'a pas voulu s'y intéresser, indique sa fille Dominique, l'aînée. L'ordinateur a été la fin de son intérêt pour le travail en groupe.»

Il a continué à travailler chez lui, à retaper des logos ou à être consultant dans des causes de plagiat pour un cabinet d'avocats de Toronto.

En 2005, Gilles Robert a été nommé membre honoraire de la Société des designers graphiques du Québec, dont il a été le président de 1982 à 1984.

Il laisse dans le deuil trois enfants et quatre petits-enfants.




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