Une autre entreprise impliquée dans la construction du nouveau centre de détention des services frontaliers, à Laval, a été attaquée par des militants d'extrême gauche, dans les derniers jours.

Mis à jour le 8 févr. 2019
PHILIPPE TEISCEIRA-LESSARD LA PRESSE

Après une attaque aux criquets visant la firme d'architectes Lemay, le printemps dernier, la façade du siège social de l'entreprise de construction Loiselle a été couverte de peinture blanche fin janvier. Le bâtiment est situé à Salaberry-de-Valleyfield.

En plus de la peinture projetée sur une large surface, les militants ont écrit les mots « Non à la prison pour migrants » à la bombe aérosol.

« Quand c'est arrivé, on ne savait pas qui avait fait ça, on n'a pas compris », a expliqué Paul Béluse, grand patron de l'entreprise, en entrevue téléphonique. Le lien avec un contrat effectué pour le compte de l'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) est seulement apparu par après.

« On a juste excavé, on a décontaminé un terrain, comme on le fait habituellement », a continué M. Béluse. « Je ne veux pas de trouble avec ces gens-là. »

Des militants de la même allégeance avaient revendiqué, en mai dernier, le déversement d'une grande quantité de criquets visant le cabinet d'architectes Lemay, à Montréal. Les responsables de l'attaque s'étaient finalement trompés de cible et les insectes avaient abouti dans les locaux d'une firme d'ingénierie qui occupe une partie du bâtiment du cabinet d'architectes.

Loiselle et Lemay ont été retenus par Ottawa pour remplacer l'établissement où sont actuellement détenus certains immigrants en situation irrégulière, un projet de 56 millions. Le nouveau bâtiment devrait être inauguré l'an prochain.

« De la provocation »

Dans un appel à l'action diffusé à la fin de l'année dernière, des militants d'extrême gauche appelaient à la « confrontation directe » avec le chantier lui-même, mais aussi avec les entreprises et même les ouvriers impliqués dans la construction.

« L'État expulse de plus en plus de gens et souhaite accroître ses capacités à le faire », dénonçaient-ils dans un communiqué diffusé par la plateforme anarchiste Montréal Contre-Information. La construction d'un nouveau centre de détention, « c'est de la provocation, un acte de confrontation, une atteinte aux personnes sans-papiers, une attaque contre nos communautés ».

Paul Béluse a indiqué avoir porté plainte à la police.

Le système de vidéosurveillance de l'entreprise a filmé l'attaque. « Tu vois deux personnes, il n'y a pas de véhicule », a décrit le patron de Loiselle. Les individus ont utilisé un extincteur sous pression rempli de peinture, une technique dont le b.a.-ba est expliqué sur la plateforme virtuelle Montréal Contre-Information.

Depuis l'acte de vandalisme, Loiselle a fait effacer la peinture. « On pourrait évaluer ça à une semaine de travaux » avec une équipe de deux ou trois ouvriers, a indiqué M. Béluse.

Dans un bref courriel, l'Agence des services frontaliers du Canada a promis de se tenir sur ses gardes, sans toutefois réagir aux attaques contre ses contractants.

« L'ASFC est au courant des propos à caractère menaçant qui sont formulés à son égard et prend cela très au sérieux », a écrit Judith Gadbois-St-Cyr, porte-parole de l'organisation. « Nous travaillons en étroite collaboration avec les autorités policières et nos partenaires pour assurer la sécurité de nos employés et de nos installations. »