« Notre priorité, c'est de savoir où est Ariel. » Sur la défensive depuis le début des recherches visant à retrouver Ariel Kouakou, disparu depuis maintenant deux semaines, la police de Montréal défend sa gestion des opérations.

Mis à jour le 27 mars 2018
Daniel Renaud LA PRESSE

L'affaire a rebondi dimanche soir à l'émission Tout le monde en parle à Radio-Canada, où il a été reproché au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) d'avoir attendu 24 heures avant d'ouvrir la machine pour retrouver le garçon de 10 ans, des propos qui ont choqué les enquêteurs.

« Pour nous, il y a seulement deux choses qui comptent. Qu'est-ce qui s'est passé avec Ariel et où est-il ? », a affirmé l'inspecteur Ian Lafrenière, porte-parole du SPVM.

« Ce n'est pas le temps de faire l'enquête sur l'enquête. On aura tout le temps après de faire une rétroaction des opérations, et c'est certain qu'il y en aura une. »

- Ian Lafrenière, porte-parole du SPVM

M. Lafrenière affirme que les recherches ont commencé dans les minutes qui ont suivi le signalement de la disparition du petit Ariel par ses parents au 9-1-1, à 19 h 30 le lundi 12 mars.

Des plans de mobilisation ont été déclenchés. Des patrouilleurs ont vérifié des endroits fréquentés par le garçon ou des endroits où il aurait pu se trouver, chez des amis ou des proches, les parcs des Bateliers et De Mésy, les Galeries Normandie, les restaurants du secteur et les hôpitaux.

Jusqu'à 12 voitures de police ont été mises à contribution, de même que des enquêteurs du centre opérationnel et des enquêtes de nuit.

Le lendemain matin, au changement de quart de travail, 12 heures après que la disparition eut été signalée, les recherches se sont intensifiées. Un maître-chien et des cavaliers ont été dépêchés sur les lieux de la disparition. Puis, en fin d'après-midi, l'hélicoptère de la Sûreté du Québec (SQ) a survolé l'endroit et le SPVM a fait appel à un expert en recherche et sauvetage de la SQ, énumère l'inspecteur Lafrenière.

Au SPVM, des sources nous ont dit n'avoir jamais refusé l'aide de la SQ pour retrouver le petit Ariel. L'expert en recherche et sauvetage ainsi que le profileur de la SQ ont été demandés après que toutes les premières démarches ont été effectuées avec des effectifs suffisants, et qu'il fallait agrandir le cercle des recherches.

40 INDIVIDUS INTERROGÉS

Normalement, les corps de police font appel au profileur de la SQ lorsqu'ils privilégient la thèse de l'enlèvement, et ce n'est pas le cas ici. Depuis le début, les policiers penchent davantage vers la thèse de la noyade.

Dans les jours qui ont suivi la disparition, des enquêteurs de la Division des crimes majeurs du SPVM ont tout de même commencé à interroger des individus ayant le profil de pédophiles ou de prédateurs sexuels et habitant ou pouvant se déplacer dans l'arrondissement d'Ahuntsic-Cartierville et les environs. Selon nos informations, ils en auraient interrogé jusqu'à maintenant une quarantaine, pas seulement des hommes qui ont déjà été arrêtés et accusés. Même des détenus qui ont été libérés du Centre de détention de Montréal (Bordeaux) situé tout près des lieux, le jour de la disparition du petit Ariel, auraient été interrogés.

Le profileur de la SQ, assisté des analystes du SPVM, aide les enquêteurs à élaborer une liste de questions pour les rencontres avec ces individus. Chaque rencontre dure entre une et deux heures. Les enquêteurs obligent les individus à leur fournir un alibi qui est ensuite systématique vérifié. Jusqu'à maintenant, l'exercice a été vain.

Pour joindre Daniel Renaud, composez le 514 285-7000, poste 4918, écrivez à drenaud@lapresse.ca ou écrivez à l'adresse postale de La Presse.

***

ARIEL JEFFREY KOUAKOU, 10 ANS

TAILLE : 140 cm

POIDS : 40 kg

Lors de sa disparition, il portait un pantalon gris, un manteau noir et des souliers jaunes.

Endroits fréquentés : Maison des jeunes au parc De Mésy, parc Marcelin-Wilson, les Galeries Normandie.

Aurait quitté son domicile vers midi pour aller chez un ami.

Toute personne ayant de l'information concernant cette disparition peut la communiquer au 9-1-1 ou à son poste de quartier.

Pour transmettre de l'information de manière confidentielle et rester anonyme : 514 393-1133