Deux hommes incarcérés à la prison de Bordeaux ont été gravement blessés dans un possible règlement de comptes. Selon la famille de l’un des détenus, actuellement hospitalisé, l’établissement ne garantit aucune mesure de sécurité supplémentaire, ce qui fait craindre le pire aux proches.

Publié le 5 janvier
Mayssa Ferah
Mayssa Ferah La Presse

Alexandre Battah s’est retrouvé sur un lit d’hôpital à la fin de décembre après avoir été poignardé par un autre prisonnier.

Un des détenus aurait demandé au jeune homme, barbier de profession, de lui couper les cheveux. Quelques minutes plus tard, l’individu armé d’un objet tranchant s’est jeté sur lui.

« Il s’est mis en boule pour se protéger, car il s’attendait à être battu. Mais il a reçu un coup de couteau au niveau du foie. Il est passé proche de mourir », confie la mère du détenu. Ni elle ni la conjointe de M. Battah n’ont été avisées de l’attaque ou du transport à l’hôpital pour soigner ses blessures.

L’homme de 23 ans avait été visé par une perquisition l’automne dernier lors d’une saisie majeure de stupéfiants et d’armes à feu évaluée à 2,4 millions dans l’ouest de l’île de Montréal.

Cameron Wilkinson, coaccusé dans ce dossier, est également détenu à Bordeaux. L’homme avait reçu un seau d’eau bouillante quelques semaines avant l’agression armée qui a conduit Alexandre Battah à l’hôpital.

Règlement de comptes

La mère du blessé, qui préfère ne pas rendre son identité publique pour éviter des représailles, espère que son fils sera transféré dans un établissement qui peut garantir sa sécurité. « Oui, mon fils est un criminel, mais ça reste l’enfant d’une personne. C’est très difficile de voir son fils comme ça. Il a fait une erreur de parcours, souhaite reprendre sa vie en main et a le droit à la sécurité pour faire ce cheminement-là. »

Selon nos informations, un règlement de comptes visant Wilkinson serait à l’origine de ces attaques. Les fouilles des policiers avaient permis de saisir quatre armes à feu et pas moins de « 246 000 comprimés d’amphétamines, 23 000 comprimés de Xanax, 11 500 comprimés de speed et 2500 comprimés de fentanyl ». Diverses quantités de morphine, de méthamphétamine en cristaux, d’isotonitazène, de Cialis, de cocaïne, d’héroïne, de haschich, de cannabis, de THC et de champignons hallucinogènes avaient également été identifiées sur les lieux.

Selon nos informations, le réseau épinglé par les autorités serait lié au crime organisé irlandais. Au total, sept suspects ont été arrêtés.

Le ministère de la Sécurité publique n’avait pas répondu aux questions de La Presse au moment d’écrire ces lignes.

Avec Daniel Renaud, La Presse