Au terme de deux procès et de quatre ans et demi de procédures, Alison De Courcy-Ireland, qui était accusée d’avoir blessé dans un accident de voiture le hockeyeur Zack Kassian, alors un joueur du Canadien de Montréal, a finalement été acquittée lundi. Le mystère persiste toutefois sur les circonstances de cet accident.

Louis-Samuel Perron
Louis-Samuel Perron La Presse

« Vous êtes acquittée. Vous n’êtes pas coupable », a répété MAndrew Barbacki à sa cliente, hébétée à la suite des conclusions express du juge Christian M. Tremblay. « Oh ! Merci ! », s’est exclamée Alison De Courcy-Ireland, par visioconférence, en réalisant que son cauchemar des cinq dernières années était enfin terminé.

Cette affaire avait fait grand bruit en octobre 2015 au début de la nouvelle saison du Tricolore. Le nouvel attaquant du Canadien, Zack Kassian, s’était alors blessé dans de curieuses circonstances. Au petit matin, le joueur revenait d’une fête bien arrosée avec deux femmes, lorsque son véhicule a percuté un arbre dans le quartier Notre-Dame-de-Grâce.

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L'arbre percuté par le véhicule de Zack Kassian

Un an plus tard, Alison De Courcy-Ireland a été accusée d’avoir causé des blessures à Zack Kassian en conduisant en état d’ébriété. L’attaquant n’a finalement jamais joué avec le CH et a été échangé aux Oilers d’Edmonton, où il connaît depuis une belle carrière aux côtés de Connor McDavid.

Au premier procès, à l’hiver 2019, l’autre femme qui se trouvait dans le véhicule avait raconté que Zack Kassian s’était endormi au volant ce matin-là. Les deux femmes l’auraient ensuite déplacé sur le siège arrière de la camionnette, puis Alison de Courcy-Ireland aurait pris le volant. Zack Kassian a toutefois juré n’avoir pas conduit, alors qu’il avait consommé de la drogue et de l’alcool pendant la fête.

PHOTO ANDRÉ PICHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

Zack Kassian alors qu'il faisait partie de l'organisation du Canadien, en 2015

Subtilité juridique

Mais ces récits contradictoires n’ont finalement eu aucune incidence sur le verdict, puisque le juge Christian M. Tremblay a acquitté la femme de 26 ans essentiellement pour une subtilité juridique.

Une heure et demie après l’accident, Alison De Courcy-Ireland affichait un taux d’alcoolémie supérieur à la limite permise, soit 117 mg d’alcool par 100 ml de sang (0,117). Généralement, un tel test permet à la Couronne d’établir que la conductrice était également en état d’ébriété au moment de l’accident, sans preuve supplémentaire.

À l’époque, un accusé avait toutefois le droit d’obtenir son certificat d’analyse (CA) dans les six mois pour lui permettre d’analyser un second échantillon sanguin. Or, la jeune femme n’a reçu son CA que 16 mois plus tard.

Résultat : la poursuite ne pouvait plus « présumer » que l’accusée était soûle lors de l’accident en se basant sur son test sanguin, selon le juge.

« Le CA prouve ainsi uniquement le taux d’alcoolémie de l’accusée au moment où l’échantillon a été pris, plus d’une heure et demie après l’accident d’auto », conclut le juge, acquittant du même coup Mme De Courcy-Ireland.

« Je suis content pour ma cliente, qui a dû vivre avec le stress de la cause pendant si longtemps. Elle n’a conduit qu’après que Kassian s’est endormi au volant », a indiqué MBarbacki après le jugement.

Un second procès s’était avéré nécessaire en raison de l’absence pour maladie du juge du premier procès. MSylvie Dulude a représenté le ministère public.