(Québec) Le gouvernement Legault investit 71 millions afin de créer des équipes spécialisées en violence conjugale dans les principaux corps policiers du Québec et d’étendre aux victimes de violence conjugale le principe de « poursuite verticale », qui leur permet d’être accompagnées par un seul et même procureur tout au long des procédures judiciaires.

Hugo Pilon-Larose
Hugo Pilon-Larose La Presse

Cette annonce a été faite jeudi par le ministre de la Justice, Simon Jolin-Barrette, et la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault. Cette dernière est également responsable de coordonner les interventions gouvernementales provenant de plusieurs ministères pour combattre la violence conjugale dans la province, traversée par une vague de féminicides depuis le début de l’année.

Des 71 millions annoncés jeudi, 44 millions sont investis à la direction des poursuites criminelles et pénales afin d’embaucher de nouveaux procureurs pour que le principe de poursuite verticale s’applique aux victimes de violence conjugale, et non plus qu’aux victimes de violences sexuelles.

« Les personnes victimes pourront ainsi être accompagnées d’un seul et même procureur du début à la fin des procédures judiciaires, ce qui assurera une prise en charge plus adaptée et sécurisante », a-t-on affirmé à Québec.

« Les procureurs tiendront des rencontres préparatoires afin notamment d’informer les personnes victimes des différentes étapes du processus judiciaire et du fonctionnement à la cour. Ces dernières seront ainsi mieux outillées et mieux informées sur leurs droits, seront mieux préparées pour leur témoignage et pourront être orientées vers les ressources dont elles ont besoin pour se rétablir », a-t-on ajouté.

Une somme de 27 millions sur cinq ans est également investie pour créer des groupes spécialisés en matière de violence conjugale dans les principaux corps policiers du Québec, incluant la Sûreté du Québec (SQ) et le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM). Des policiers et des professionnels civils (intervenants communautaires, intervenants psychosociaux, etc.) pourront composer les équipes mises en place par les corps de police.

Québec veut aussi resserrer l’étape de l’évaluation des hommes accusés de violence conjugale au stade de la mise en liberté provisoire, un service qui sera étendu à tout le territoire.

Les initiatives annoncées jeudi font partie du plan d’action global de 222 millions sur cinq ans annoncé en avril et visant à contrer le fléau des féminicides et de la violence conjugale.

Le Québec a recensé 10 féminicides depuis le début de l’année.

-Avec La Presse Canadienne