C’est une escroquerie bien connue : vous recevez un courriel d’un ami qui dit avoir perdu son portefeuille en voyage, et qui a besoin d’argent de toute urgence.

Isabelle Ducas Isabelle Ducas
La Presse

Malik Hadj Amar s’est fait prendre par ces fraudeurs : croyant son ami vraiment dans le pétrin, à Paris, ce résidant de La Malbaie lui a envoyé 1000 $, en utilisant les services de Western Union, payant 40 $ en frais de service.

Le mois dernier, le tribunal des petites créances a condamné l’entreprise de transfert de fonds à lui rembourser 1040 $, soit la totalité de ce que la fraude lui a coûté.

Le jugement rappelle que Western Union a été visée par une action collective aux États-Unis, précisément au sujet de ce type d’arnaque.

« Une enquête du département américain de la Justice a démontré que ce sont des employés de Western Union qui étaient complices des fraudeurs, écrit la juge Louise Lévesque. Western Union le sachant n’a pas pris les mesures contre ses agents fautifs à travers le monde. Western Union a plutôt fermé les yeux sur d’innombrables transactions frauduleuses où des escrocs ont subtilisé plusieurs millions à de nombreuses victimes. Devant les preuves accumulées, Western Union a accepté de payer plus d’un demi-milliard de dollars, destinés à rembourser les victimes canadiennes et américaines de fraudes commises de 2004 à 2017. »

Comme Malik Hadj Amar a été arnaqué en 2018, son cas n’est pas couvert par l’action collective. Mais il a tout de même le droit d’être indemnisé, en vertu des mêmes principes, indique la juge.

Nom erroné

L’escroc qui a soutiré 1000 $ à M. Hadj Amar a réussi son coup en piratant le compte de courriel de son ami. Mais quand il a encaissé l’argent à Paris, au nom de l’ami, le fraudeur a présenté des pièces d’identité, vraisemblablement fausses, où le nom et le prénom étaient inversés.

« Si l’agent de Western Union avait été plus vigilant, il aurait pu constater la différence entre les informations relatives au transfert de fonds et le nom de la personne s’étant présentée au comptoir, souligne le jugement. De plus, la signature sur l’un des formulaires était totalement différente de la signature apparaissant sur la carte d’identité présentée à l’agent de Western Union. Le faussaire avait donc de la difficulté à reproduire d’une façon semblable, d’une fois à l’autre, un nom qui n’était pas le sien. Ces deux éléments auraient dû alerter l’agent de Western Union, mais il n’en est rien. »

Malik Hadj Amar s’est rendu compte qu’il avait été arnaqué quand il a vu la voiture de son ami stationnée, et qu’il a constaté que celui-ci était au travail, et non à Paris.