(Québec) Évoquant des délais « cruels et inhumains », l’ancienne politicienne libérale Nathalie Normandeau a déposé une requête pour mettre un terme à son procès en vertu de l’arrêt Jordan.

Gabriel Béland Gabriel Béland
La Presse

« Je n’ai rien à cacher. J’ai toujours clamé mon innocence. J’ai toujours voulu un procès », a expliqué jeudi Mme Normandeau dans une déclaration écrite.

Mais bientôt quatre ans après son arrestation ultra-médiatisée de mars 2016, Mme Normandeau se dit à bout. « Le périple judiciaire dans lequel j’ai été happée me place dans une situation personnelle et professionnelle intenable. À 51 ans, je dois gagner ma vie », dit-elle.

« Ma décision de déposer une requête en arrêt des procédures en vertu de l’arrêt Jordan n’est pas celle que je voulais. Devant des délais qui s’allongent et des procédures qui se complexifient inutilement, j’ai choisi de procéder ainsi. Notre système de justice prévoit cette option comme remède ultime aux délais inacceptables. »

Le tribunal doit entendre sa requête lundi au palais de justice de Québec. Ce sera la deuxième requête en arrêt des procédures pour délais déraisonnables sur laquelle devra se prononcer le juge André Perreault, de la Cour du Québec.

Rappelons qu’il avait a déjà rejeté une première requête de type Jordan en mars 2018. En août dernier, la Couronne a abandonné cinq des huit chefs d’accusation contre l’ancienne vice-première ministre. Nathalie Normandeau est toujours accusée d’abus de confiance, de souscription frauduleuse à une caisse électorale et d’actes de corruption dans les affaires municipales.

Le procès de l’ancienne vice-première ministre et Marc-Yvan Côté n’est pas encore commencé sur le fond. Il s’enlise pourtant depuis des mois alors que les six coaccusés multiplient les requêtes.