Un agresseur d’enfants a réussi à embrasser dans son véhicule une adolescente de 12 ans appâtée sur Instagram l’an dernier, même s’il était sous probation pour des crimes similaires. Déclaré délinquant à contrôler, le prédateur récidiviste va déjà recouvrer la liberté dans quelques mois.

Louis-Samuel Perron Louis-Samuel Perron
La Presse

C’est la troisième fois en quelques années que le résidant de Verdun de 32 ans se retrouve derrière les barreaux pour s’en être pris à des enfants. En février 2019, le pédophile venait de terminer sa peine de 22 mois de prison imposée en 2017 pour leurre informatique, contact sexuel et incitation à des contacts sexuels sur un mineur.

Alors soumis à une probation de trois ans, Jonathan Inglis a envoyé une invitation d’amitié sur Instagram à une jeune fille de 12 ans, qui disait toutefois avoir un an de plus. Rapidement, les messages échangés sont devenus à caractère sexuel. Une vidéo prise par Inglis a aussi été relayée à la victime.

Au fil des discussions, Jonathan Inglis a attiré sa victime à un rendez-vous en personne. Il est alors allé chercher l’adolescente en voiture près du cégep André-Laurendeau, dans l’arrondissement de LaSalle. C’est là qu’il a agressé sa victime.

« Il roule près de l’eau à LaSalle. La victime est alors convaincue que Inglis veut avoir une relation sexuelle avec elle. Elle exprime son refus. Ils s’embrassent. La victime repousse les avances », a résumé à la cour le procureur de la Couronne Me Jérôme Laflamme, lors de l’imposition de la peine en octobre dernier.

Selon l’avocat de la défense, MJacklin Turcot, la victime et l’accusé se sont embrassés à deux reprises. Jonathan Inglis n’a toutefois « rien dit au sujet d’une relation sexuelle », a précisé MTurcot.

L’agresseur a finalement reconduit la victime chez elle. Mais la mère de la jeune fille a vite découvert le pot aux roses. Le prédateur a été arrêté deux mois plus tard. Une fois menotté, Jonathan Inglis a tenté de prendre la fuite, mais a été arrêté quelques mètres plus loin.

Selon les policiers, Jonathan Inglis utilisait de nombreux pseudonymes pour leurrer ses victimes sur les réseaux sociaux : Jonathan DE/j. delorea/Jonathan Delorean/Johnny Hiller/Talor Daman et Jonathan Damen.

Jonathan Inglis s’est adressé brièvement à la cour lors de l’imposition de la peine. « Ce que j’ai fait a causé de la douleur, pas juste pour cette personne, mais pour la famille de cette personne et pour la communauté. Je prends ça vraiment au sérieux. Je suis 100 % impliqué dans ma thérapie », a-t-il déclaré en anglais.

« J’espère que vous allez maintenir cela comme motivation pour le reste de vos jours », a ensuite rétorqué la juge Sylvie Durand.

Jonathan Inglis a plaidé coupable en janvier dernier à des accusations de leurre informatique, d’incitation à des contacts sexuels et de non-respect des conditions de probation. À la suite d’une suggestion commune, la juge Durand l’a condamné à 36 mois de prison, le 9 octobre dernier.

Or, il ne lui restait que neuf mois à purger, puisqu’il est détenu depuis son arrestation l’an dernier. Il sera soumis à une période de cinq ans de surveillance de longue durée en tant que délinquant à contrôler. Cette étiquette est réservée à certains criminels susceptibles de récidiver.

Notons que les avocats n’ont pas mentionné dans cette affaire l’arrêt Friesen de la Cour suprême. Cette importante décision rendue en avril dernier oblige les juges à durcir considérablement les peines pour les crimes sexuels à l’endroit des enfants.