Un pédophile qui a agressé sexuellement une déficiente intellectuelle à de nombreuses reprises en 2017, alors qu’il venait d’obtenir sa libération conditionnelle, devra rester derrière les barreaux encore un moment. L’agresseur Steve Daraîche présente un risque élevé de récidive et nie toujours avoir une problématique sexuelle.

Louis-Samuel Perron
Louis-Samuel Perron La Presse

La Commission des libérations conditionnelles du Canada (CLCC) a donc refusé d’accorder à l’homme de 48 ans sa semi-liberté et sa libération conditionnelle totale, même s’il a purgé la moitié de sa peine de pénitencier d’environ 3 ans.

« La Commission note que, pendant plus d’un an et demi, vous avez nié les gestes qui vous étaient reprochés et avez plutôt tenté de discréditer la victime », souligne la CLCC dans une décision du 21 juillet rendue publique cette semaine.

Au printemps 2017, Steve Daraîche a agressé sexuellement à une vingtaine de reprises une femme de 19 ans « manipulable et naïve » souffrant d’une déficience intellectuelle moyenne. Très vulnérable, la victime avait de la difficulté à s’exprimer et ne savait ni lire ni compter.

C’est en effectuant des travaux pour la mère de la victime que Steve Daraîche tente de séduire la femme vulnérable. Pendant une visite surprise, l’agresseur prend la victime par les cheveux, lui enlève sa doudou et l’agresse sexuellement dans le salon. Il répète le même manège du lundi au jeudi en profitant de l’absence de la mère. Chaque fois, la victime refuse d’être touchée par son agresseur. Il n’utilise jamais de condom.

Sa « blonde »

Au procès, Steve Daraîche a prétendu ignorer entièrement la déficience intellectuelle de la victime. Celle-ci était en fait sa « blonde » et insistait pour avoir des rapports sexuels. Une version complètement rejetée par le juge, qui l’a reconnu coupable et condamné à quatre ans de détention. Mais compte tenu de sa détention préventive, sa peine de pénitencier était d’environ trois ans.

Jusqu’à son témoignage devant les commissaires cet été, Steve Daraîche a passé toute sa peine à « discréditer la victime » et à convaincre son équipe de gestion de son innocence. « Vous ne vous considériez pas fautif face à vos gestes et ne reconnaissiez pas de réelles conséquences pour la victime », lit-on dans la décision.

Or, pendant l’audience pour obtenir sa libération conditionnelle, le pédophile a finalement reconnu ses torts envers la victime et le fait que celle-ci n’était peut-être pas consentante. Il a expliqué être allé « trop vite » avec elle. Malgré ce progrès, Steve Daraîche présente un risque toujours inacceptable pour la société, selon la CLCC.

Les commissaires soulignent que son plan d’hébergement n’était pas réaliste, puisqu’il prévoit très peu d’encadrement. Ce qui est d’autant plus inquiétant, puisqu’il a récidivé pendant sa libération conditionnelle totale, il y a trois ans. Il purgeait alors une peine pour possession et distribution de pornographie juvénile.

Lorsqu’il pourra profiter d’une mise en liberté sous surveillance, Steve Daraîche devra se soumettre à de sévères conditions. Il lui sera notamment interdit d’avoir un ordinateur et d’être en contact avec des personnes vulnérables.