La mère de la fillette de 6 ans poignardée à mort dans un appartement de l’arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, à Montréal, a été arrêtée et doit comparaître devant le tribunal vendredi.

Henri Ouellette-Vézina
La Presse

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a confirmé vers 23 h jeudi soir que la femme de 36 ans avait bien été interrogée par les enquêteurs et arrêtée à titre de principale suspecte dans cette affaire.

Il n’a pas été possible de connaître les chefs d’accusation qui seront déposés contre elle.

La mère de la victime était jusque-là considérée comme un témoin important puisqu’elle était la seule personne présente auprès de l’enfant, selon les informations que détenaient les policiers.

La mort de la fillette de 6 ans porte le bilan des homicides à 11 sur l’île de Montréal depuis le début de l’année.

Des signalements au 911 avaient été faits vers 3 h, dans la nuit de mercredi à jeudi, pour des « cris entendus » dans le voisinage. Un employé d’un Tim Hortons situé à proximité, qui a appelé la police, aurait notamment subi un choc nerveux. À leur arrivée sur les lieux, les policiers ont trouvé la fillette poignardée, avec d’importantes blessures. Des équipes paramédicales l’ont transportée d’urgence dans un centre hospitalier, où sa mort a été constatée quelques heures plus tard, en matinée, a confirmé jeudi, peu après midi, l’agent Raphaël Bergeron, porte-parole du SPVM.

Pour laisser les policiers travailler, un périmètre de sécurité a rapidement été établi dans le secteur. Les enquêteurs sont entrés dans l’appartement en fin de matinée pour reconstituer la scène de crime et valider certains éléments. « Plusieurs personnes qui auraient pu entendre ou voir des choses ont été rencontrées. D’autres vont l’être si elles se manifestent », a dit M. Bergeron.

La rue Desautels est demeurée fermée pendant une bonne partie de la journée de jeudi, entre la rue Hochelaga et l’avenue Pierre-De Coubertin. La police de Montréal avait demandé aux citoyens d’éviter le secteur.

Des voisins consternés

Consternés par la scène, des voisins se rassemblaient autour des cordons de police, en matinée, pour tenter d’en savoir plus. L’un d’eux, prénommé Pierre, affirme avoir entendu des bruits inhabituels pendant la nuit. « Je m’apprêtais à m’endormir quand j’ai entendu des enfants se disputer dans la rue. L’un d’eux a crié “Sauvez-moi”, mais ça me semblait être dans ma bâtisse. J’ai pensé faire le 911 », a-t-il expliqué.

Pour moi, c’était très inhabituel. Dans ce coin-là, c’est très calme normalement. Mais cette nuit, c’était vraiment agité.

Pierre, voisin habitant la rue Desautels

Le résidant, qui soutient qu’il pourrait y avoir un lien entre cette dispute et l’évènement, affirme avoir raconté sa version des faits aux enquêteurs, qui ont pris sa déposition. « Je n’ai rien vu, mais j’ai tenu à leur dire ce que j’avais entendu », a-t-il raconté.

Une autre voisine a aussi soutenu avoir entendu les cris d’une femme pendant la nuit. De sa fenêtre, elle dit avoir vu un policier sortir de l’appartement avant de s’asseoir dans l’escalier, sous le choc. Comme le protocole le prévoit, de l’aide psychologique sera offerte aux agents qui ont découvert la scène, s’ils le désirent.

« Ça démontre l’état de la société », s’est désolée une autre résidante qui passait par là. « Peut-être que c’est un tout aussi. Avec ce qu’on vit, le confinement, les bouleversements… c’est grave », a-t-elle ajouté.

— Avec La Presse canadienne