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La contrebande de cigarettes fait un tabac

L'inspecteur Bernard Lamothe (notre photo), chef de la... (Photo: Patrick Sanfaçon, La Presse)

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L'inspecteur Bernard Lamothe (notre photo), chef de la division du crime organisé du SPVM, a indiqué en conférence de presse hier qu'à Kahnawake, Salvatore Cazzetta et son gang utilisaient comme quartier général un entrepot que la famille Rice «n'a cessez d'agrandir depuis quatre ans».

Photo: Patrick Sanfaçon, La Presse

Le tabac crée l'accoutumance, même pour le crime organisé. Après s'en être désintéressés pendant quelques années, les Hells Angels ont repris le trafic de cigarettes en tirant profit des discrètes installations de Peter Rice et de ses deux fils, dans la réserve de Kahnawake.

Fabriquées sur place, les cigarettes de contrebande portaient même des marques spécialement réservées au puissant gang de motards, telles les Choppers, les Fighters, les Patriots et les Import A. Selon la police, Salvatore Cazzetta et sa bande payaient aussi les caisses de cigarettes moins cher que les autres trafiquants qui font affaire sur la réserve.

 

À en croire la dénonciation déposée au palais de justice de Longueuil, Cazzetta comptait sur l'aide de deux fidèles compères des défunts Rock Machine pour écouler ses stocks de tabac. Très actifs dans la guerre des motards qui a sévi de 1994 à 2001, Alain Brunette, 45 ans, et Serge «Merlin» Cyr, 51 ans, sont sortis de prison il y a à peine 18 mois.

Les cigarettes étaient distribuées un peu partout au Québec par des hommes de main. L'un d'eux avait été arrêté en décembre 2006, dans la région de Lanaudière, au volant d'un camion transportant 8810 livres de tabac. À Kahnawake, Cazzetta et son gang utilisaient comme quartier général un entrepôt que la famille Rice «n'a cessé d'agrandir depuis quatre ans», a indiqué en conférence de presse l'inspecteur Bernard Lamothe, de la police de Montréal.

Immeuble jalousement gardé

Surnommé «monopole» par les enquêteurs, l'immeuble était peu visible et hautement sécuritaire. Outre des appareils de surveillance, il y avait deux gardiens en faction 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Sur les lieux, les policiers ont notamment saisi des armes à feu, des gilets pare-balles, des chandails aux couleurs des Hells, de la machinerie lourde volée et du tabac.

Des membres de la communauté autochtone s'étaient d'ailleurs plaints à la police locale de la présence des gangsters mont- réalais dans les parages. C'est ce qui explique que les policiers autochtones aient aussi aisément collaboré à l'enquête, même s'il s'agissait d'une affaire de contrebande de tabac. «Il ne s'agissait pas de l'industrie du tabac, mais de revente de stupéfiants par des gens du crime organisé de l'extérieur de la réserve», a répondu l'inspecteur Lamothe aux journalistes qui s'étonnaient de cette soudaine ouverture des peacekeepers de Kahnawake.

Tout récemment, le gouvernement du Québec a dit perdre annuellement 200 millions en taxes impayées à cause de la vente illégale de cigarettes. Au début de 2007, il y avait au moins 8 fabricants accrédités et plus de 130 kiosques de vente de tabac dans la seule réserve de Kahnawake. Comme c'était le cas au début des années 90 quand le trafic de tabac a atteint son pic, «de plus en plus de réseaux organisés comme les Hells Angels achètent de grosses quantités de tabac et utilisent des courriers pour livrer les cigarettes à leurs clients», indiquent les spécialistes de la lutte contre le crime organisé. Les organisations autochtones sont aussi beaucoup plus structurées qu'avant.

 




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