Le chantier du Réseau express métropolitain (REM) inspire les propriétaires d’immeubles. L’embourgeoisement est en marche, dit le Comité logement Ahuntsic-Cartierville (CLAC).

Stéphane Desjardins, Initiative de journalisme local Journal des voisins

Le chantier de la gare Bois-Franc du REM et le prolongement éventuel de la ligne orange vers cette gare entraînent déjà l’embourgeoisement d’un des quartiers les plus pauvres de la métropole, le sud de Cartierville, selon le CLAC.

Pour M. Dinel, l’immobilier a commencé à chauffer dans le quartier et les propriétaires voient la manne arriver.

Rappelons que la RUI, ou zone de Revitalisation urbaine intégrée, est un territoire d’environ un kilomètre carré qui s’étend du chemin de fer du REM jusqu’au boulevard Gouin, et de la rue Lachapelle jusqu’à l’avenue O’Brien. Environ 11 000 personnes habitent ce secteur densément développé, qui compte une majorité d’immeubles à appartements, dont une bonne part est dans un très mauvais état. Quelques-uns pourraient être qualifiés de taudis.

Quelques mois plus tard, le logement sera loué pour plusieurs centaines de dollars de plus, après avoir subi des rénovations souvent cosmétiques.

Journaldesvoisins.com suit le dossier de l’embourgeoisement de ce quartier depuis des années. Ailleurs à Montréal ou en banlieue, l’expansion du métro ou l’arrivée du REM s’est traduit par la construction de nombreux projets de copropriétés ou d’appartements locatifs, souvent hors de portée des locataires actuels. L’effervescence immobilière aux abords de la gare Montmorency de la ligne orange du métro à Laval, ou de la gare du REM du Quartier DIX30, à Brossard, en sont des exemples spectaculaires.

Le phénomène est amplifié par le fait que les projets de transport en commun se financent désormais en partie par l’imposition aux promoteurs de contributions aux réseaux de transport, lorsqu’ils construisent des immeubles à proximité des gares.

Plus de logement social

Pour la mairesse d’Ahuntsic-Cartierville, Émilie Thuillier, le fait que le REM s’en vient dans le secteur n’empêche nullement le développement de projets de logements sociaux, qui n’ont pas à verser de telles contributions.

Le RMM

La mairesse Thuillier ajoute que pour combattre l’embourgeoisement, l’administration Plante a adopté le Règlement pour une métropole mixte (RMM), en vertu duquel les promoteurs doivent inclure des logements sociaux dans leurs projets, ou contribuer à un projet de logement social à moins de deux kilomètres du leur.

Mme Thuillier reconnaît que construire ou convertir des logements sociaux n’est pas simple.

Elle avance aussi que l’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville s’est doté de moyens afin d’encadrer le développement dans les environs de la gare Bois-Franc, en collaboration avec l’arrondissement de Saint-Laurent, par un règlement particulier d’urbanisme qui aboutira éventuellement à un Plan particulier d’urbanisme (PPU). Ce plan prévoira du logement social dans le secteur.