Le musée de la Biosphère, situé sur l’île Sainte-Hélène à Montréal, rouvrira ses portes au public prochainement grâce à un investissement de 45 millions sur cinq ans des gouvernements municipal, provincial et fédéral.

Isabelle Ducas Isabelle Ducas
La Presse

Montréal, Québec et Ottawa verseront chacun un montant de 15 millions pour assurer la survie du seul musée consacré à l’environnement en Amérique du Nord.

Les trois paliers de gouvernement en ont fait l’annonce lundi matin, au cours d’une conférence de presse virtuelle conjointe.

La mairesse de Montréal Valérie Plante a dit espérer qu’il soit rouvert aux visiteurs dès cet été.

C’est le réseau Espace pour la vie qui en sera dorénavant responsable. Ce réseau regroupe déjà le Jardin botanique, le Biodôme, l’Insectarium et le Planétarium.

La Biosphère, construite à l’occasion de l’Expo 67 et qui abritait alors le pavillon des États-Unis, est devenue l’un des bâtiments emblématiques de Montréal, mais son avenir était incertain depuis plusieurs années, faute de financement.

« Cet investissement traduit notre volonté de positionner Montréal comme chef de file dans la protection de la biodiversité et d’accroître la portée de son plan de transition écologique. Il permettra d’assurer un avenir prometteur à un espace de découverte unique en son genre », a souligné la mairesse Plante au cours de la conférence de presse.

« Nous voulons aider la Biosphère à remplir sa mission d’accroître la sensibilisation aux changements climatiques, à la perte de biodiversité et à la pollution, en particulier à la pollution par le plastique », a renchéri le ministre du Patrimoine canadien, Steven Guilbeault.

Le musée de la Biosphère a ouvert ses portes en 1995 mais sa mission était remise en question depuis 2019. Son bail est alors arrivé à échéance et a dû être renouvelé in extremis.

Un comité sur l’avenir de la Biosphère avait été créé à ce moment pour lui trouver une nouvelle vocation.

« Le comité tripartite, qui a impliqué des fonctionnaires de chacune de nos administrations, a donné de bons résultats et on travaille dans une perspective de durabilité pour ne pas revivre cette incertitude dans les prochaines années. On a cinq ans pour en assurer la pérennité », a expliqué le ministre québécois de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Benoit Charette.

Le musée reprendra ses activités lorsque l’intégration des opérations au sein de la Ville de Montréal sera complétée et lorsque les circonstances liées à la pandémie de COVID-19 permettront un retour sécuritaire pour le personnel et les visiteurs, indique le communiqué diffusé à la suite de l’annonce.

« Le musée de la Biosphère contribue à mobiliser les Québécoises et les Québécois en faveur de la lutte contre les changements climatiques et de la protection de l’environnement. C’est là une contribution plus essentielle que jamais à l’heure où nous luttons pour limiter le réchauffement climatique », s’est réjoui le ministre Charette.

Sur le total de 45 millions, une portion d’environ 15 millions devrait servir au maintien des infrastructures et aux rénovations, tandis que 30 millions seront consacrés à l’exploitation et aux expositions, a détaillé Valérie Plante.