Pas d’embellie en vue pour les finances de Montréal : l’administration Plante lance une consultation prébudgétaire en reconnaissant devoir trouver des économies ou de nouveaux revenus de près de 300 millions de dollars par année jusqu’en 2024.

Philippe Teisceira-Lessard Philippe Teisceira-Lessard
La Presse

L’impact de la croissance immobilière ne sera même pas suffisant pour couvrir les hausses salariales accordées dans les conventions collectives des fonctionnaires municipaux, selon la documentation publiée jeudi par la Ville.

« Comme la majorité des grandes villes, Montréal se relève de la crise sans précédent provoquée par la pandémie de la COVID-19 », indique la Ville dans son document de consultation prébudgétaire, rendu public jeudi. Un questionnaire sera publié en ligne sous peu afin de permettre aux Montréalais de s’exprimer sur les projets qu’ils aimeraient voir prioriser.

Les internautes devront être raisonnables : « toute proposition pouvant entraîner des coûts additionnels pour la Ville doit être accompagnée de propositions de financement (que ce soit par des sources de revenus additionnels ou par la réallocation d’autres dépenses) », indique le document.

C’est que la Ville de Montréal ne roule pas sur l’or. Elle prévoit qu’il lui manquera 293 millions par année, en moyenne, pour ses trois prochains budgets.

La hausse de sa masse salariale, la hausse des intérêts qu’elle devra payer sur sa dette et l’indexation de ses autres dépenses – en plus de nouvelles dépenses de 90 millions – se conjuguent pour créer une hausse moyenne des dépenses de 334 millions pour chacune des trois prochaines années. L’indexation de la taxation et la croissance immobilière amèneront bien 110 millions de plus à la Ville par année, mais cette hausse est largement balayée par d’« autres revenus » (notamment ceux provenant des contraventions routières) en chute libre.

En fin de compte, l’hôtel de ville prévoit un trou moyen de 293 millions pour chacune des trois prochaines années.

Voitures de patrouille et camions de pompiers électriques ?

Malgré tout, les élus veulent entendre l’opinion des Montréalais sur la meilleure façon de redémarrer l’économie de la métropole, d’attirer des familles à Montréal et d’engager la transition écologique.

On demandera notamment l’opinion de la population sur la possibilité d’aider spécifiquement certaines artères commerciales, sur la meilleure façon de densifier le territoire de façon attrayante pour les familles ainsi que sur la possibilité de faire passer policiers et pompiers aux véhicules électriques.

En effet, la Ville demandera aux Montréalais s’ils sont d’accord pour « remplacer les véhicules municipaux (collecte des déchets, police, sécurité incendie, voirie, etc.) par des véhicules 100 % électriques », mais aussi pour « éliminer l’utilisation des énergies fossiles (huile, gaz naturel) pour le chauffage des bâtiments municipaux ».