La mairesse de Montréal veut que le dossier du financement de la station du Réseau express métropolitain (REM) à l’aéroport se règle rapidement. La cheffe libérale Dominique Anglade estime que le gouvernement Legault doit sortir le chéquier pour payer une part de la facture.

Philippe Teisceira-Lessard Philippe Teisceira-Lessard
La Presse

Tommy Chouinard Tommy Chouinard
La Presse

La Presse révélait mardi matin que le niveau de frustration continuait à augmenter chez Aéroports de Montréal (ADM) face au refus de Québec de mettre davantage de fonds dans le projet, étant donnée la nature fédérale de l’aéroport. L’organisation évoque même la possibilité que le projet de station soit suspendu jusqu’à nouvel ordre.

Sur les réseaux sociaux, quelques heures plus tard, Valérie Plante a souligné l’importance de résoudre ce problème.

« Le REM ⁦à l’Aéroport est nécessaire pour le rayonnement de la métropole du Québec », a écrit la mairesse. « Si on est sérieux sur nos engagements de mobilité et de relance économique, il faut que les parties trouvent une solution pour assurer le financement. »

Selon nos informations, des dirigeants d’ADM auraient sourcillé en voyant Québec injecter 55  millions dans un projet du Port de Montréal, lui aussi fédéral, tout en se distanciant de l’aéroport.

Le projet est évalué à 600  millions. ADM devait le prendre à sa charge, mais l’effondrement du trafic aérien a vidé ses coffres. Ottawa a déjà annoncé qu’il assumerait une partie – qui reste à déterminer – de la facture.

Pour la cheffe du Parti libéral du Québec, Dominique Anglade, « il est invraisemblable qu’on ait un REM qui ne se rende pas jusqu’à l’aéroport, ce serait une aberration ». Elle considère que « le gouvernement du Québec a une responsabilité ». Il doit retourner à la table de négociation et accepter de sortir le chéquier.

« Je peux vous dire une chose : si j’étais au gouvernement et qu’il fallait que je décide si j’allais de l’avant ou pas, ça ferait partie de mes priorités certainement. Quitte à payer une partie. Ça fait partie des négociations qu’ils ont à faire. Mais on ne peut pas laisser aller cette situation de cette manière », a-t-elle soutenu lors d’un point de presse au terme d’une réunion virtuelle de son caucus pour préparer la reprise des travaux à l’Assemblée nationale.

Alexandre Boulerice, le porte-étendard du Nouveau Parti démocratique (NPD) au Québec, a lui aussi pressé les gouvernements – et particulièrement Ottawa – à trouver une solution.

« Faire passer à la trappe la station qui devait connecter Montréal-Trudeau au centre-ville de la métropole est une aberration totale », a-t-il réagi par voie de déclaration. « La construction de cette station est en péril et le gouvernement libéral se traîne toujours les pieds pour boucler le budget. M. Trudeau, qu’est-ce que vous attendez pour sécuriser les 600  millions manquants ? »