Alors que Denis Coderre continue d’entretenir le mystère entourant son éventuel retour en politique, un ancien candidat de Projet Montréal envisage de se présenter contre Valérie Plante, lors des prochaines élections municipales en 2021. Et il n’est pas le seul.

Henri Ouellette-Vézina Henri Ouellette-Vézina
La Presse

« Je ne laisserai pas cette administration rentrer facilement. Ils n’ont pas été capables d’implanter la vision qu’ils ont présentée il y a trois ans », martèle Balarama Holness, qui a porté les couleurs du parti de Mme Plante, dans Montréal-Nord, en 2017.

Connu pour avoir forcé la tenue d’une consultation publique sur le racisme systémique, M. Holness se dit « intéressé » et « en analyse du climat politique ». « Ma décision dépendra de plusieurs personnes, dont Denis Coderre. Il est l’homme pour faire la job, mais s’il n’est pas là, on sera plusieurs à se positionner », dit-il.

« Cette élection va être basée sur la relance. Et je ne pense pas que les citoyens veulent de cette administration pour surmonter les défis », ajoute M. Holness, fondateur de Montréal en action.

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Balarama Holness

Il critique l’« argument de vente » qu’a été la ligne rose depuis trois ans, une idée « qui n’a jamais été jugée plausible au sein même du parti ». « On ne peut pas se baser sur une idéologie pareille l’an prochain. Ça nous prend de la crédibilité », clame celui qui est aussi éducateur, en soulignant que la Ville « manque de jugement » au chapitre de la gestion de ses dépenses.

Ex-joueur des Alouettes, Balarama Holness s’en prend au « déficit d’espaces verts » dans plusieurs arrondissements, dont Montréal-Nord, ainsi qu’au peu de développement dans l’est de l’île. Il déplore le « grand manque de transparence » de la Ville dans le dossier des 12 000 logements sociaux promis d’ici 2021, et fustige l’administration pour avoir aménagé des voies cyclables « sans réflexion sur l’impact économique ».

L’opposition veut une « candidature d’envergure »

Pour Ensemble Montréal, le parti de l’opposition officielle, l’annonce de son prochain chef, prévue ce printemps, devra frapper fort. « On veut une candidature d’envergure », résume le chef par intérim du parti, Lionel Perez, qui confirme avoir eu « beaucoup de discussions avec différentes personnes ».

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Valérie Plante

« Un an, au municipal, c’est long. […] Si le dernier scrutin nous a appris quelque chose, c’est qu’on ne peut pas se fier aux perceptions », indique M. Perez.

Quand on lui demande s’il accueillerait Denis Coderre à bras ouverts, M. Perez demeure prudent. « C’est à lui de choisir. Nous, on continue selon notre échéancier », résume-t-il, ajoutant que son parti « prépare déjà l’élection » en tenant une série de colloques pour alimenter sa plateforme électorale.

Plusieurs sur la ligne de départ

Bon nombre de personnes ont déjà manifesté un intérêt pour la mairie. Le Directeur général des élections du Québec (DGEQ) recense six nouvelles formations ayant réservé un nom à Montréal.

Parmi eux, l’ex-conseiller de Lachine Jean-François Cloutier, et son parti Équité Montréal, ou encore Nicolas Poirier, derrière Réunifier Montréal, qui a publié une série de publicités anti-Valérie Plante cet été. Les noms de l’ancien ministre David Heurtel et de l’ex-dragonne Danièle Henkel circulent aussi.

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Guillaume Lavoie

Cette semaine, La Presse révélait que l’ancien conseiller municipal de Rosemont–La Petite-Patrie Guillaume Lavoie était en réflexion. « J’ai été approché par des écosystèmes assez différents, à gauche, à droite », a dit celui qui avait perdu la course à la direction de Projet Montréal par 80 voix, en 2016.

Vrai changement pour Montréal, fondé en 2013, confirme avoir eu des échanges avec M. Lavoie. « C’est quelqu’un avec qui j’ai beaucoup de proximité », confie la chef actuelle, Justine McIntyre. Elle reconnaît que la COVID-19 « engendre des défis de taille », mais assure que son parti « sera sur la mappe » en 2021.

Impliqué dans le milieu communautaire, Éric Allen fils a aussi mis sur pied Action Montréal, qu’il décrit comme « une porte ouverte pour les citoyens ». « Si tout se passe bien, il y aura un parti. Les prochains mois vont apporter un éclairage », a-t-il dit en août.