Pour offrir « plus de stabilité » aux citoyens, la mairesse de Montréal, Valérie Plante, s’est engagée mercredi à entamer une révision complète du calendrier des chantiers dans la métropole. Rue Saint-Denis, les commerçants touchés par les travaux du Réseau express vélo (REV) recevront une compensation financière, promet-elle.

Henri Ouellette-Vézina Henri Ouellette-Vézina
La Presse

« Ce qu’on comprend, c’est que COVID + grands chantiers, c’est plus difficile. Les gens souhaitent qu’on puisse ralentir, ou du moins revoir la façon dont ces travaux sont menés », a expliqué la cheffe de Projet Montréal, lors d’une séance du comité exécutif.

Mme Plante s’engage ainsi à revoir « l’ensemble des chantiers », afin de trouver des solutions qui pourront faciliter la vie des résidants. Des demandes ont été faites à plusieurs services de la Ville, afin de « prendre en compte » la réalité de la pandémie. « Ce sera surtout de voir comment on peut peaufiner certains chantiers, comment on peut s’assurer que la mobilité autour est facilitée », soutient l’élue.

Le défi serait toutefois très grand, la plupart des travaux étant prévus « longtemps à l’avance », dit la mairesse, qui réitère que son administration tente de rattraper les retards des dernières années. La Ville demeurerait, malgré tout, disposée à faire un premier « tour de roue » pour diminuer les impacts marqués.

S’il y a une chose que j’ai comprise en vous parlant cet été, c’est que vous aimez beaucoup nos projets, mais qu’en même temps, avec la COVID-19, vous avez besoin d’un peu de répit ou plus de stabilité.

Valérie Plante, mairesse de Montréal

Compenser « une partie des désagréments »

Depuis la mi-août, les travaux du Réseau express vélo dans la rue Saint-Denis ont lieu sur fond de divisions. Il y a deux semaines, des dizaines de commerçants signaient d’ailleurs une lettre ouverte dans La Presse pour demander de reporter son déploiement, se désolant que « la Ville semble tout mettre en œuvre » pour faire fermer leurs boutiques.

La mairesse Plante dit « entendre » ces craintes, qui sont probablement « exacerbées » par la pandémie. Elle affirme avoir demandé au responsable du développement économique, Luc Rabouin, d’adapter le programme de compensation financière des travaux majeurs, lancé en 2018, « pour les commerçants de Saint-Denis ».

« On va compenser une partie des désagréments qui sont liés au chantier [du REV], parce qu’on comprend que les temps sont difficiles, soutient-elle. Ça devrait redonner un petit répit. »

Réactions mitigées

À l’Association des sociétés de développement commercial de Montréal (ASDCM), le porte-parole Billy Walsh affirme que la Ville fait « un geste dans la bonne direction ». « Dans les circonstances actuelles, on se doit d’avoir énormément d’écoute envers toutes les parties prenantes économiques », dit-il.

Mais la responsable des communications de la SDC Saint-Denis, Alicia Geraci, demeure plus prudente. « Pour le moment, ce n’est pas assez détaillé pour bien comprendre ce qu’on nous propose. La Ville devra nous revenir rapidement », affirme-t-elle.

Le chef de l’opposition officielle, Lionel Perez, déplore l’hypocrisie de l’administration Plante. « C’est nul autre qu’une réaction politique au rapport de la semaine dernière », dit-il, en faisant référence au sondage CROPLa Presse publié samedi, selon lequel l’ex-maire Denis Coderre possède, sans même s’être présenté, une avance de cinq points sur Valérie Plante.

« Ça s’appelle gouverner au sondage. La Ville avait amplement le temps de changer de cap cette année, notamment sur Saint-Denis. Et ils n’ont rien fait, malgré plusieurs demandes », martèle M. Perez.