Communauto permettra dorénavant à ses véhicules FLEX sans réservation de se stationner « n’importe où » dans le quadrilatère des rues Sherbrooke, Saint-Hubert, Viger et Guy, au centre-ville de Montréal. Seule condition : l’usager devra débourser davantage.

Henri Ouellette-Vézina Henri Ouellette-Vézina
La Presse

Ainsi, le conducteur du véhicule pourra terminer son trajet entre ces quatre artères, dans une zone tarifée, en échange d’un « tarif forfaitaire » de 5 $. C’est une entente avec la Ville, dont l’application a été retardée par la pandémie, qui permettra l’entrée en vigueur de cette mesure d’ici la fin septembre.

« Le projet pilote va durer environ trois mois. On a déjà commencé avec un petit groupe de personnes, depuis quelques jours, à tester cette option-là. Ce sera fin prêt pour le grand public d’ici peu », explique à La Presse le vice-président de l’entreprise d’autopartage, Marco Viviani. C’est l’opérateur qui paiera chaque minute de stationnement à la Ville. Vu le fort taux de roulement de ses véhicules, Communauto estime que la mesure est rentable.

Nos voitures restent immobilisées moins de deux heures en moyenne au centre-ville. On ajustera les frais fixes au besoin, mais ce n’est pas l’objectif. L’idée, c’est surtout que ça devienne plus facile de gérer l’espace.

Marco Viviani, vice-président de Communauto

Il rappelle que son groupe avait imaginé cette nouvelle mesure bien avant la crise de la COVID-19, mais que dans le contexte actuel, elle s’y prête encore mieux. « C’est clair que depuis que le centre-ville se vide, que les gens sont plus craintifs, le fait d’avoir une option supplémentaire va aider. Ça va faire du bien à tout le monde », ajoute le VP.

L’entreprise, qui possède environ 2300 véhicules à Montréal, avait fait part de ses intentions au centre-ville pour la première fois en février, dans la foulée du retrait de Car2Go du marché montréalais. Victime de son succès, Communauto a même traversé une pénurie de voitures cet été. Celle-ci se résorberait toutefois progressivement, au fur et à mesure que la flotte s’agrandit.

Bon pour la relance, dit Montréal

Pour le responsable de la mobilité au comité exécutif, Éric Alan Caldwell, le projet permettra aussi de contribuer à la relance économique du centre-ville, dont la vitalité économique est grandement vulnérabilisée par la pandémie, notamment dû à l’absence des travailleurs.

« Au final, c’est un scénario de mobilité de plus. Une même voiture ou une même place de stationnement va servir à plus d’un Montréalais. On pense que c’est très bon pour notre centre-ville », souligne l’élu.

L’administration Plante n’exclut pas de rendre l’initiative permanente en novembre, à l’issue du projet-pilote. « On pourra se partager beaucoup de données dans les prochaines semaines. Si ça marche bien, c’est certain qu’on voudra rendre le projet permanent », dit M. Caldwell.

À Montréal, Communauto estime qu’une voiture en libre-service (VLS) est utilisée jusqu’à 13 fois par jour, et qu’elle peut remplacer jusqu’à 10 véhicules privés. C’est l’Agence de mobilité durable, lancée en 2019, qui a procédé au changement des politiques de stationnement requises. « Nous sommes confiants que de multiplier ce type d’initiatives encouragera les utilisateurs de l‘autopartage à se rendre plus souvent au centre-ville », a indiqué son directeur, Laurent Chevrot.