Le Service de police de Montréal (SPVM) lance un appel à la population pour tenter de mettre fin à la vague de violences impliquant l’utilisation d’armes à feu au cours des dernières semaines dans la région de Montréal.

Raphael Pirro Raphael Pirro
La Presse

Après une série d’incidents impliquant des armes à feu dans la métropole, le SPVM a récemment mis sur pied Quiétude, une escouade spécialisée dont la mission sera de lutter contre la prolifération des armes à feu illégales. Toutes les informations du public y seront transférées.

« Quiétude rassemble plusieurs enquêteurs d’expérience avec une expertise diverse. Son objectif est entre autres d’anticiper et de prévenir tout événement susceptible de résulter en une confrontation armée », est-il annoncé dans un communiqué de presse publié samedi.

Si le nombre d’incidents impliquant des armes à feu reste stable par rapport aux années précédentes, la tendance est toutefois fortement à la hausse depuis le début de septembre : près de la moitié des crimes commis avec une arme à feu cette année se sont produits au cours des trois derniers mois et de la dernière semaine. Le SPVM a néanmoins tenu, à travers cette initiative, à assurer à la population qu’il prend la situation au sérieux.

« Un des buts du communiqué est de faire savoir à la population que toute pièce d’information peut avoir son utilité, a expliqué Manuel Couture, agent relationniste au SPVM. L’information partagée à Info-Crime reste anonyme et confidentielle. »

Une nouvelle culture ?

La semaine dernière, La Presse avait dénoté pas moins de 70 événements impliquant les armes à feu — meurtres, tentatives de meurtre, coups de feu sans victime, possession d’armes et trafic d’armes — à Montréal et aux alentours depuis le début de l’année. Ce chiffre fait uniquement état des mentions médiatiques de tels événements, et n’est pas directement issu des services policiers.

« On n’avait pas ça auparavant à Montréal, mais je crois que c’est en train de nous rattraper. Je pense qu’il y a une culture des armes à feu dérivée des modèles américain, antillais et latino, où l’on brandit une arme pour montrer sa puissance, et que cette culture-là, qu’il y a à Toronto, est en train d’arriver ici. C’est mon constat », racontait alors à La Presse Marc Ouimet, professeur titulaire en criminologie à l’Université de Montréal.

Depuis quelques années à Toronto, le nombre d’incidents reliés aux armes à feu a explosé, si bien que le maire John Tory a lancé un programme de rachat d’armes à feu du 26 avril dernier au 17 mai dernier, le premier depuis 2008. Le programme, qui avait pour but de réduire le nombre d’armes en circulation, a permis de recueillir plus de 3100 armes en tout.

« Ce programme fait partie d’une stratégie plus large dont le but est de réduire l’offre d’armes disponibles aux criminels. Je suis sûr que nous avons empêché certaines armes de tomber entre de mauvaises mains », avait déclaré Mark Saunders, directeur du Service de police de Toronto.

La Ville de Toronto offrait de 200 $ à 350 $ pour les armes rapportées, ce qui lui a valu une facture d’environ 660 000 $.

Toute personne possédant des renseignements peut communiquer avec le 911, se rendre à son poste de quartier ou communiquer de façon anonyme et confidentielle avec Info-Crime Montréal au 514-393-1133 ou en ligne.

— Avec Daniel Renaud, La Presse