Il n’y aura pas de trajet sans correspondance vers le centre-ville entre janvier et le début de l’été.

André Dubuc André Dubuc
La Presse

Bruno Bisson Bruno Bisson
La Presse

Les usagers du train de banlieue de Mascouche pourront se rendre au centre-ville de Montréal sans correspondance malgré la fermeture, en janvier 2020, du tunnel sous le mont Royal, en vertu d’une entente signée avec le Canadien National (CN) pour l’utilisation de ses voies ferrées. Mais ce ne sera vraisemblablement pas avant l’été prochain.

Le maintien de cette connexion directe jusqu’au centre-ville oblige la construction d’infrastructures ferroviaires d’appoint afin de permettre à cette ligne de train de contourner la montagne, au lieu de passer en dessous.

Les parties au protocole d’entente ont convenu de la nécessité de construire une voie d’évitement dans le voisinage de l’actuelle gare de triage Taschereau pour permettre aux trains de banlieue de laisser le passage aux convois de marchandises qui ont la priorité sur les voies appartenant au CN. En raison de ces travaux, qui n’ont pas encore débuté, et « qui doivent faire l’objet d’une autorisation gouvernementale », selon le ministère des Transports du Québec (MTQ), le nouveau parcours du « train de l’Est » a peu de chances d’être mis en service avant juin 2020, soit six mois après la fermeture du tunnel du mont Royal et la fin de la liaison directe jusqu’au cœur de Montréal.

Dans l’intervalle, les usagers du train de banlieue de Mascouche devront descendre à la gare Sauvé, dans le nord de la métropole, et marcher jusqu’à la station de métro du même nom pour emprunter la ligne orange, déjà surchargée, jusqu’au centre-ville, ou emprunter les nouvelles lignes d’autobus que le MTQ a promis de mettre en place pour réduire les répercussions de cette fermeture.

Environ 18 000 personnes qui empruntent chaque matin les trains de banlieue de Deux-Montagnes et de Mascouche seront directement touchées par cette fermeture.

Déception

La signature de l’entente réjouit les élus des villes de la banlieue nord-est de Montréal. De nombreuses sources ont toutefois indiqué à La Presse que les maires des municipalités desservies par le train de l’Est ne décoléraient pas depuis une semaine, parce que le service ne sera pas mis en place avant l’été prochain.

Joint par La Presse, le maire de Terrebonne, Marc-André Plante, a tenu à nuancer ces affirmations, hier. « On doit reconnaître que tous les intervenants concernés font le nécessaire afin de trouver des solutions pour le train de l’Est, et ça, c’est une bonne nouvelle. »

« Maintenant, ajoute-t-il, on est nombreux à être déçus, aujourd’hui, de ne pas avoir l’assurance que ce sera prêt pour le mois de janvier [dès la fermeture du tunnel]. »

Par contre, on a eu l’assurance de tous ces intervenants qu’ils feront tout en leur pouvoir pour y parvenir.

Marc-André Plante, maire de Terrebonne

Dans un courriel à La Presse, l’attaché de presse du maire de Mascouche, Guillaume Tremblay, a quant à lui indiqué qu’il ne commentera pas ce sujet, et que sa priorité était « de s’assurer que le déploiement et la mise en service du REM se fassent en complémentarité avec le service offert aux usagers du train de Mascouche, et non en opposition à celui-ci. Le maintien d’une desserte directe du train de Mascouche vers le centre-ville de Montréal fait certainement partie des facteurs de succès indispensables à l’atteinte de cet objectif ».

Le tour de la montagne

Le protocole d’entente a été entériné il y a une semaine seulement par le conseil d’administration de l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM), qui chapeaute les services de transports collectifs dans l’ensemble de la région métropolitaine.

Actuellement, les trains de banlieue qui arrivent des villes de Mascouche, de Terrebonne, de Repentigny et de l’est de l’île de Montréal bifurquent en direction sud juste avant une importante intersection du réseau ferroviaire qu’on appelle la « jonction de l’Est ». Cette bifurcation lui permet d’accéder au tunnel sous le mont Royal et de se rendre directement à la gare Centrale, cinq kilomètres plus loin.

En janvier prochain, ce tunnel sera fermé pour permettre la réalisation de travaux majeurs de transformation nécessaires à l’implantation du futur Réseau express métropolitain (REM) de la Caisse de dépôt et placement du Québec, coupant ainsi la route du centre-ville aux trains de banlieue.

La solution retenue pour les usagers de Mascouche consiste à permettre aux trains de poursuivre leur course sur les voies du CN à l’ouest de la jonction de l’Est et de faire le tour de la montagne en passant par les arrondissements de Lachine et du Sud-Ouest de Montréal. L’allongement du tracé prolongera de 15 minutes la durée du voyage.

Selon nos informations, trois des cinq départs matinaux du train de l’Est vers Montréal pourront contourner le mont Royal et se rendre jusqu’au centre-ville de Montréal.

Deux autres trains, aux extrémités de la pointe, s’arrêteront à la gare Sauvé. En pointe d’après-midi, il y aura aussi trois trains qui suivront le chemin inverse pour ramener les usagers à leur point de départ.

Le nouveau parcours du train de Mascouche permettra de plus un nouvel arrêt à proximité de la station de métro Du Collège, sur la branche ouest de la ligne orange, où le réseau est moins surchargé. Cette correspondance facilitera notamment la vie des étudiants venant de la couronne nord ou de l’est de l’île qui se rendent aux cégeps Saint-Laurent et Vanier.

Elle a de plus l’avantage de rapprocher de leur destination les étudiants qui fréquentent l’Université de Montréal.

Le point lundi

La Presse n’a pu confirmer hier ni le coût des travaux nécessaires sur le réseau ferroviaire ni le moment où ils seront réalisés. Le CN et les organismes publics de transport impliqués au dossier, soit l’ARTM, le MTQ ou le réseau Exo, qui exploite les trains de banlieue, ont tous décliné les demandes d’entrevue de La Presse.

Une porte-parole du MTQ, Sarah Bensadoun, a seulement indiqué que le ministère devait justement faire le point, lundi, sur des mesures de mitigation qui seront mises en place pour accommoder les quelque 18 000 usagers quotidiens des trains de banlieue de Deux-Montagnes et de Mascouche qui seront touchés par la fermeture du tunnel sous le mont Royal, dès janvier prochain.