L’adoption d’une nouvelle taxe de 50 $ pour les automobilistes en banlieue de Montréal a provoqué un tollé, hier, sur les réseaux sociaux. Nombreux sont ceux qui refusent de financer les transports en commun sur l’île de Montréal.

Thomas Dufour
La Presse

La Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) a adopté hier, à 27 voix contre 1, le règlement permettant d’étendre cette taxe au « 450 ». Les automobilistes des 66 municipalités de la banlieue de Montréal seront touchés.

Sur l’île de Montréal, les 800 000 propriétaires de véhicules de promenade paient cette taxe depuis 2011.

Des citoyens étaient outrés. « Cette taxe est ridicule, a écrit Coralie Laperrière sur Facebook. On devrait financer le transport en commun avec des ponts à péage pour entrer dans la ville, comme à Londres ou à New York. »

« Je ne vois pas pourquoi je paierais pour votre transport en commun. Je paierai pour celui dans ma région, mais pas pour Montréal. Je ne magasine pas à Montréal. Je n’y travaille pas non plus », a commenté Guyane Élise-Lacoste.

Tous ne sont pas de cet avis. « Je suis une automobiliste qui habite en banlieue et travaille dans l’ouest de l’île et je suis d’accord avec cette taxe, a écrit Sophie Voyer. Il faut en prendre, des mesures pour optimiser les transports. »

Financer le transport collectif

« Si on veut faire un virage, il faut investir », a affirmé la mairesse de Montréal et présidente de la CMM, Valérie Plante, en assemblée.

Les banlieues touchées comptent près de 2 millions d’automobiles, selon la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ). La taxe permettra de dégager un surplus qui pourrait atteindre 101 millions.

Valérie Plante considère cette taxe comme une façon d’éviter une hausse des impôts fonciers pour les citoyens. Cette nouvelle taxe sera prélevée par la SAAQ plutôt que par les municipalités.

« Il y aura des investissements majeurs [en transports collectifs] dans les prochaines années. Il faut diversifier nos sources de revenus », a expliqué le représentant de la couronne sud à la CMM et maire de Varennes, Martin Damphousse.

Les transports en commun tirent encore de l’arrière par rapport à l’automobile. Dans le Grand Montréal, deux citoyens sur trois optent pour la voiture pour se rendre au travail, selon des données publiées par la CMM en 2018.

Des désaccords

Le maire de Boucherville, Jean Martel, s’est opposé au règlement lors de l’assemblée d’hier. « Une nouvelle taxe, c’est rarement une bonne nouvelle pour le contribuable », a-t-il dit.

Ce dernier croit que la CMM devrait plutôt chercher de nouveaux revenus du côté du Fonds vert.

Le CAA-Québec avait exprimé son désaccord à l’imposition de ce coût supplémentaire l’an dernier, affirmant que les automobilistes étaient déjà suffisamment taxés.