Le bannissement de l’entreprise pollueuse Mélimax et ses filiales de tous les contrats publics au Québec force la Ville de Montréal à fermer l’écocentre et le centre de réemploi de l’arrondissement de Saint-Laurent pour une durée indéterminée.

Kathleen Lévesque Kathleen Lévesque
La Presse

Dans un communiqué de presse émis en fin d’après-midi hier, la Ville se dit contrainte d’agir ainsi « en raison d’une situation hors de son contrôle liée à un retrait du fournisseur ». Ledit fournisseur à l’origine du problème est l’entreprise de Mario Landry, Rouville, liée à Mélimax, explique Montréal.

Rouville avait pris le relais de Mélimax qui a été inscrite au Registre des entreprises non admissibles (RENA) sous la responsabilité de l’Autorité des marchés publics (AMP), le 7 janvier dernier. « Rouville a poursuivi le travail dans les écocentres et centres de réemploi de LaSalle et Saint-Laurent. Rouville exécutait également des contrats dans les clos de voirie de 11 arrondissements », a précisé la relationniste Camille Bégin, de la Ville de Montréal.

Or, Rouville est une entreprise liée à Mélimax qui a fait l’objet d’une enquête du ministère de l’Environnement aux conclusions dévastatrices. Pendant des années, Mélimax a déversé des montagnes de déchets de construction et de démolition dans une ancienne sablière à Godmanchester.

Un nouveau fournisseur à LaSalle

L’AMP est intervenue à la demande de la Ville de Montréal. C’est ainsi que Montréal mais également Longueuil et Châteauguay n’avaient plus de fournisseur.

Longueuil et Châteauguay ont obtenu une autorisation spéciale du ministère des Affaires municipales pour prolonger les contrats jusqu’au 10 juin pour éviter une rupture de service. D’ici là, les deux municipalités devront trouver un nouveau fournisseur.

À Montréal, un nouveau fournisseur a été trouvé dans les clos de voirie la semaine dernière. « En réaction, Rouville a fait part de sa décision de cesser ses services dans les deux écocentres [LaSalle et Saint-Laurent] », a indiqué Mme Bégin. À LaSalle, un contrat a été accordé au fournisseur Matrec, mais pas à Saint-Laurent, ce qui explique la fermeture. On affirme que la Ville « déploie tous les efforts nécessaires afin de diminuer les impacts sur les services offerts aux citoyens ». Ces derniers sont redirigés depuis hier vers six autres écocentres de Montréal, dont ceux de Côte-des-Neiges et de l’Acadie.

Mélimax avait de très nombreux contrats avec des municipalités, notamment pour la gestion des écocentres où les citoyens déposent toutes sortes de matières non organiques comme des pneus, du ciment, du métal, des planches avec des clous, des pots de peinture à moitié vides. Le déversement de sols contaminés à grande échelle a été rendu public grâce à La Presse qui a suivi à la trace les activités de Mélimax.

Il y a une dizaine de jours, le ministre de l’Environnement, Benoit Charrette, annonçait un nouveau règlement qui force le suivi serré des sols contaminés : les camions seront suivis par GPS, pesés au départ et à l’arrivée dans un centre autorisé. « C’est ce genre de pratiques sauvages qu’on ne veut plus voir au Québec », avait alors déclaré le ministre Charrette.