Outremont serre la vis aux marteaux-piqueurs et autres appareils de construction bruyants. L'arrondissement a revu son règlement sur le bruit pour interdire l'utilisation de machinerie lourde à partir de 18 h tous les soirs, ainsi que les fins de semaine.

Mis à jour le 11 nov. 2018
Pierre-André Normandin LA PRESSE

Le plus petit arrondissement de Montréal était déjà depuis plusieurs années le plus sévère en matière de bruit à Montréal. Outremont interdisait déjà les travaux bruyants, comme les excavations ou le dynamitage, de 19 h à 7 h 30, ainsi que le dimanche.

Malgré ces limites, l'arrondissement continuait à recevoir de « nombreuses plaintes » de citoyens. Un chantier de conversion d'un ancien couvent, où jusqu'à cinq marteaux-piqueurs sont à l'oeuvre simultanément pour l'aménagement d'un stationnement souterrain, a été la goutte qui a fait déborder le vase. « On a reçu un nombre incalculable de plaintes de voisins. C'est non seulement le bruit, mais aussi les vibrations. C'est comme le supplice de la goutte », illustre Philipe Tomlinson, maire d'Outremont. Une pétition signée par une centaine de voisins circulait d'ailleurs.

Les élus de l'arrondissement ont donc récemment décidé de resserrer davantage encore le règlement sur le bruit. Celui-ci a été modifié pour interdire « l'utilisation de machinerie de chantier » du lundi au vendredi de 18 h à 7 h 30, ainsi que le samedi, le dimanche et les jours fériés.

Le nouveau règlement précise que la machinerie de chantier interdite touche les grues, les bétonnières, les bulldozers, les pelles mécaniques, les marteaux-piqueurs, les décapeuses et les niveleuses.

Outremont a ainsi réduit du quart les plages horaires durant lesquelles les marteaux-piqueurs peuvent être utilisés, soit 52,5 heures par semaine, contre 69 heures auparavant.

Les citoyens réclamaient une plage horaire plus réduite encore, mais Outremont a estimé qu'interdire la machinerie à partir de 15 h risquait de prolonger indûment certains chantiers. « Quand on réduit les heures de travail, ça augmente le temps pour réaliser les travaux. Ça aurait eu pour effet de prolonger certains projets de six mois », illustre le maire d'arrondissement.

Le REM épargné

Deux exceptions existent toutefois. Une disposition a été ajoutée pour autoriser « les travaux urgents qui ont pour but d'assurer la santé, la sécurité et le bien-être des citoyens ». De plus, les travaux du Réseau express métropolitain (REM) ne sont pas touchés, l'arrondissement n'ayant pas compétence sur ce chantier. Les travaux ont lieu près de la station Édouard-Montpetit.

L'adoption de ces modifications au règlement sur le bruit s'est faite de façon accélérée. Elles ont d'abord été présentées lors d'une séance extraordinaire du conseil d'arrondissement le 19 octobre, pour ensuite être adoptées le 24 octobre lors d'une autre séance extraordinaire. Elles sont entrées en vigueur dès la fin d'octobre.

L'Association de la construction du Québec a indiqué que ses membres entendaient se conformer au règlement, la majorité des travaux ayant lieu dans la plage horaire autorisée. « Mais il faudra qu'Outremont fasse preuve d'ouverture en cas de circonstances exceptionnelles. Des gros projets pourraient avoir des retards en raison de la météo, par exemple », a indiqué Guillaume Houle, porte-parole de l'organisation.

Le maire d'Outremont s'est dit ouvert à la discussion en cas de besoin. « Nous ne sommes pas fermés. Même si on met en place un règlement, s'il y a des situations particulières, on peut se parler et trouver une solution », a assuré Philipe Tomlinson.

Photo fournie par Projet Montréal

Philipe Tomlinson, maire d'Outremont