Avec la chaleur extrême, les experts en environnement du Canada et de la Ville de Montréal ont lancé des avertissements de smog pour la région métropolitaine et les environs.

Sara Champagne LA PRESSE

QUALITÉ « ACCEPTABLE »

Au moment où le mercure était à son point le plus haut hier, les 15 stations de surveillance de l'air de la grande région de Montréal affichaient des taux « acceptables », avec des indices oscillant autour de 30. Quand l'indice dépasse 50, les autorités lancent un avis de smog. Dans la métropole, on n'a pas connu de réels épisodes de smog estival depuis 2010 grâce à plusieurs mesures musclées. Les transports collectifs jouent un grand rôle. Mais, préviennent les spécialistes, il ne faut pas baisser la garde, au contraire.

31

Le Réseau de surveillance de la qualité de l'air (RSQA) a l'habitude de garder à l'oeil la station 99, dans Sainte-Anne-de-Bellevue, dans l'Ouest-de-l'Île. Quand le soleil était au plus haut, hier, l'indice était de 31. « Dans la région, on a l'habitude de recevoir des vents provenant du sud-ouest, c'est-à-dire de l'Ontario et des États-Unis, a expliqué la chimiste Diane Boulet, du service de l'environnement de la Ville de Montréal. La station 99 nous sert à voir ce qu'on appelle le bruit de fond, ce qui vient vers nous, à savoir les dioxydes et monoxydes (NO₂ et SO). »

ESCOUADE SMOG

Pour lancer un avis de smog, les concentrations de particules fines doivent être au rouge (50 et plus) durant au moins 3 heures sur 75 % du territoire. L'an dernier, sept jours de smog ont été déclarés, mais c'était durant l'hiver. À la Ville de Montréal, les experts expliquent que les transports collectifs jouent un rôle important. D'ailleurs, la Société de transport de Montréal a lancé cette semaine sa campagne SMOG, avec des escouades distribuant des titres de transport aux automobilistes captifs du trafic. Hier matin, l'escouade était à l'intersection des rues Sherbrooke et Robert-Bourassa, et à l'angle des rues Ontario et Pie-lX.

SIGNES ENCOURAGEANTS

Mais d'autres facteurs ont eu une influence positive : fermeture des centrales électriques au charbon aux États-Unis, règlements sur les plafonds pour les émissions de certains gaz, lutte contre les émissions de fonderies, analyse des émissions des véhicules, etc. « Il faut regarder sur du long terme, dit Mme Boulet. Quand on regarde les données entre 2000 et 2016, on constate une baisse de 43 % des taux de dioxyde et une baisse de 77 % pour les monoxydes. C'est énorme. » Elle fait remarquer que des baisses importantes des niveaux des émissions de benzène ont aussi été enregistrées. Le benzène, aussi appelé hydrocarbure aromatique de formule chimique C6H6, est l'un des constituants du pétrole brut.

ZONES SOUS SURVEILLANCE

PROJET TURCOT

Au coeur de Montréal, les autorités en environnement surveillent de près les travaux à l'échangeur Turcot depuis 2016. Quatre stations de mesure de la qualité de l'air ont été installées, dont une au complexe récréatif Gadbois. La première année des travaux, le chantier a dépassé les critères de qualité de l'air à 13 reprises ; l'an dernier, à 4 occasions. Des canons à eau sont venus améliorer la situation, des camions à balai aussi, indique-t-on à la Ville. À cela, il faut ajouter l'installation d'un mur antibruit atténuant les émissions provenant de l'autoroute 136.

PORT DE MONTRÉAL ET BOULEVARD NOTRE-DAME EST

Au milieu de l'après-midi hier, les trois stations environnantes de surveillance enregistraient des taux encore acceptables, avec un indice d'environ 30. La circulation automobile et les poids lourds sont particulièrement responsables de la qualité de l'air dans ce secteur. Les activités portuaires aussi, notamment les convois de sable ou de graviers balayés par le vent. Sur l'île de Montréal, les cours de voirie de Montréal-Nord sont aussi susceptibles d'affecter l'air. Il y a les autoroutes Décarie et Métropolitaine. Dans l'est de Montréal, la station de surveillance numéro 3 permet de surveiller étroitement les activités des industries du secteur. L'indice oscillait autour de 30 en fin de journée.

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

Photo Patrick Sanfaçon, La Presse

La Société de transport de Montréal a lancé cette semaine sa campagne SMOG, avec des escouades distribuant des titres de transport aux automobilistes captifs du trafic.