Dans le but avoué de calmer le mécontentement suscité par la construction d'un centre de compostage, l'administration Applebaum a donné le coup d'envoi aux travaux d'aménagement du Complexe environnemental Saint-Michel. Dès 2017, les Montréalais auront accès à une partie des 153 hectares du parc, qui sera le plus grand parc de la ville après celui du Mont-Royal.

Publié le 21 févr. 2013
Karim Benessaieh LA PRESSE

Concrètement, on a muté mercredi dernier les 40 employés qui s'occupaient depuis 10 ans du recouvrement de l'ancien dépotoir. Ils s'occuperont dorénavant de la préparation du terrain en vue de sa transformation en parc.

La Ville prévoit investir quelque 140 millions d'ici à 2020 pour «le plus vaste projet de réhabilitation jamais entrepris à Montréal», a expliqué cet après-midi en point de presse Josée Duplessis, responsable de l'environnement et des grands parcs au comité exécutif.

Un des cinq «legs»

Entrepris en 1984, ce «défi colossal» a franchi une nouvelle étape cette année avec la fin du recouvrement de ce dépotoir, «qui a laissé une cicatrice que le parc va éliminer».

Une partie du parc, qui comprendra un lac artificiel, un amphithéâtre, un terrain boisé et des sentiers, sera accessible à la population pour le 375e anniversaire de Montréal, en 2017. On veut en faire un des cinq legs que la Ville souhaite laisser à ses citoyens à cette occasion.

Dans les prochains mois, on va notamment recevoir et entreposer les sols, construire le réseau de circulation, modeler la topographie du terrain et préparer la surface pour les plantations.

Cette conférence de presse, moins d'une semaine après une manifestation des citoyens de Saint-Michel opposés à l'installation d'un centre de compostage sur ce terrain, «n'est pas un hasard», a reconnu Mme Duplessis.

«Plusieurs citoyens s'inquiètent de ne pas voir arriver ce parc, a-t-elle expliqué. Il y a beaucoup de mauvaises informations qui circulent actuellement. La situation va être améliorée, avec le compostage qui se fera dans un bâtiment fermé.»

Les résidants des environs sentent actuellement les effluves du compostage des feuilles, dont on produit des dizaines de tonnes sur la portion ouest du complexe. La technologie retenue pour le centre de compostage sera au contraire inodore, affirme Mme Duplessis, tandis que la circulation lourde sera réduite de 75 %.

«Ce ne seront pas des déchets, précise-t-elle. Ce sera un très beau projet. Nous avons beaucoup d'éducation à faire.»