Le bras de fer électoral entre Paris et Ottawa quant au droit de vote des ressortissants français installés à l'étranger est terminé, a appris La Presse.

Mis à jour le 16 mai 2012
Philippe Teisceira-Lessard LA PRESSE

Les 44 000 Français inscrits à Montréal voteront au collège Marie-de-France les 2 et 16 juin prochains, sans que le gouvernement Harper puisse y faire quoi que ce soit.

Depuis des mois, Ottawa refusait de voir les autorités électorales françaises installer des bureaux de scrutin sur son territoire. Seule possibilité pour la communauté exilée de l'Hexagone: les consulats, ambassades et résidences de diplomates, qui bénéficient de l'extraterritorialité en vertu de traités internationaux. Dans les dernières semaines, on a même évalué la possibilité de demander aux autres pays européens de prêter leur consulat pour les deux jours de vote.

Or, les autorités françaises ont récemment pris conscience qu'une partie du collège Marie-de-France, dans Côte-des-Neiges, est aussi considérée comme un petit morceau de la France au Canada. Fondée en 1939, l'école était à l'époque destinée aux enfants de diplomates et de notables. Paris paie toujours une partie des salaires du personnel.

Mieux que le consulat

«C'est un territoire qui avait été acheté par la France à l'époque», a expliqué François Lubrina, qui représente l'est du Canada à l'Assemblée des Français de l'étranger et qui travaille à ce dossier depuis des mois. Les installations diplomatiques sont simplement trop petites pour les 44 000 ressortissants inscrits qui vivent dans la métropole.

«Ce sera une moins mauvaise solution que de le faire au consulat. C'est l'option qui semble la plus convenable.»

Dans un courriel envoyé à des partisans, les socialistes se sont aussi réjouis de cette solution, qui respecte des «conditions d'accessibilité et de sécurité adéquates».

«Le vent du changement a aussi soufflé sur Montréal», a ajouté le message, en référence à la victoire de François Hollande la semaine dernière.

Les services consulaires n'ont pas voulu confirmer ou infirmer les informations obtenues par La Presse.