(Montréal) Le ministre de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Benoit Charette, a annoncé vendredi son intention de créer onze nouvelles aires protégées, majoritairement dans le sud de la province, ce qui réjouit des environnementalistes, qui réclamaient depuis longtemps la protection de plus de forêts et d’écosystèmes dans le sud du Québec.

Publié le 17 juin
Stéphane Blais La Presse Canadienne

Le gouvernement compte ajouter près de 2000 km2 au réseau de territoires protégés.

« La création d’aires protégées est encore l’un des meilleurs outils pour favoriser la conservation de la nature à long terme ainsi que l’adaptation des espèces et des écosystèmes aux changements climatiques », a indiqué le ministre Charette dans un communiqué.

Une coalition de représentants autochtones, d’organisations environnementales, de professionnels de la santé et d’acteurs du plein air déplorait que des dizaines de demandes de protection de forêts urbaines et périurbaines dans le sud de la province aient été abandonnées par le gouvernement Legault en 2020. Selon ces groupes, dont fait partie la Société pour la nature et les parcs (SNAP Québec), le gouvernement avait choisi de protéger principalement des forêts du nord de la province, parce qu’elles ont peu d’intérêt pour l’industrie forestière.

Mais après l’annonce de vendredi matin, la SNAP Québec a salué les efforts du gouvernement.

« Nous nous réjouissons de cette annonce qui démontre la volonté renouvelée du gouvernement de combler les lacunes dans le sud du Québec et d’offrir des milieux naturels de proximité à la population. Toutefois, Québec doit rapidement se doter d’un plan de match pour l’atteinte du 30 % d’aires protégées d’ici 2030 et confirmer des investissements additionnels estimés à 50 millions par année pour la protection du territoire public », a indiqué Alain Branchaud, directeur général à la SNAP Québec.

La SNAP souligne que des 83 projets mis de côté par le gouvernement en décembre 2020, 23 ont depuis obtenu une protection.

Nature Québec a également qualifié de « bonne nouvelle » l’annonce du ministre Charette, en rappelant toutefois la nécessité de protéger davantage de territoires au sud, même s’ils comportent des forêts convoitées par l’industrie forestière.

« Pour atteindre notre nouvelle cible de protection de 30 % du territoire d’ici 2030, le gouvernement devra multiplier ce genre d’annonces afin de créer un réseau représentatif d’aires protégées, particulièrement là où les pressions sur la biodiversité sont les plus fortes. Pour y arriver, il n’a qu’à donner le feu vert aux dizaines de projets d’aires protégées situés au sud de la limite des forêts commerciales qui demeurent sur la liste d’attente », a indiqué Alice-Anne Simard, directrice générale de Nature Québec.

La liste n’inclut pas le secteur du lac Pipmuacan

La liste des nouvelles aires protégées du gouvernement n’inclut pas le secteur du lac Pipmuacan, un territoire ancestral des Innus de Pessamit où la population de caribous est en déclin.

Questionné par La Presse Canadienne, le Conseil des Innus de Pessamit a répondu avoir « pris connaissance de l’annonce du gouvernement et désir prendre le temps d’analyser la décision avant de réagir officiellement ».

Le Conseil des Innus de Pessamit a récemment envoyé une mise en demeure au gouvernement du Québec pour qu’il protège les caribous de la région.

Le 18 mai, le chef du Conseil des Innus de Pessamit, Jean-Marie Vollant, avait demandé une rencontre « dans les plus brefs délais » avec le gouvernement afin d’inscrire immédiatement le projet d’aires protégées dans le secteur du lac Pipmuacan pour empêcher notamment l’industrie forestière de décimer le cheptel de caribous.

Onze nouvelles aires protégées

Abitibi-Témiscamingue

  • La réserve de biodiversité projetée des Basses-Collines-du-Ruisseau-Serpent sera agrandie pour attendre une superficie de 73 km2.

Abitibi-Témiscamingue/Outaouais

  • La réserve de biodiversité projetée de la Rivière-Dumoine sera agrandie pour atteindre une superficie de 313 km2.

Outaouais

  • 820 km2 dans le secteur Rivières-Noire-et-Coulonge.

Bas-Saint-Laurent

  • 74 km2 dans le secteur Rivière-Causapscal.
  • 90 km2 dans le secteur Duchénier.

Bas-Saint-Laurent/Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine

  • 347 km2 dans le secteur Rivière-Cascapédia.

Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine

  • 5 km2 dans le secteur Mont-Saint-Pierre.

Chaudière-Appalaches

  • 11 km2 dans le secteur Seigneurie-de-Joly.
  • 4 km2 dans le secteur Notre-Dame.

Côte-Nord

  • La réserve de biodiversité projetée du Brûlis-du-lac-Frégate, pour atteindre 18 km2.
  • La réserve de biodiversité projetée de la Vallée-de-la-Rivière-Godbout sera agrandie pour atteindre 209 km2.

Québec a également confirmé la mise en réserve des territoires dont il avait annoncé la protection plus tôt cette année, dont Rivière-Péribonka.

« Depuis janvier 2022, c’est un gain de plus de 2500 km2 pour le réseau d’aires protégées », a indiqué le ministère de l’Environnement.