(Québec) Le gouvernement Legault violera la loi sur le développement durable s’il augmente comme il le prévoit le taux de nickel dans l’air.

Mis à jour le 3 février
Patrice Bergeron La Presse Canadienne

C’est ce que soutient le Parti québécois (PQ) qui interpelle le ministre de l’Environnement, Benoit Charette.

Le gouvernement caquiste veut augmenter la norme de particules de nickel dans l’air pour la faire passer de 14 à 70 nanogrammes par mètre cube par jour.

Dans une lettre transmise au ministre de l’Environnement, Benoit Charette, le député péquiste Sylvain Gaudreault rappelle que la révision à la hausse de cette norme irait à l’encontre du « principe de précaution » compris dans la loi sur le développement durable.

En vertu de cette règle convenue dans les ententes internationales, il vaut mieux agir pour prévenir les risques en matière de santé ou d’environnement, même en cas de manque de connaissances techniques ou scientifiques.

En entrevue avec La Presse Canadienne, le député péquiste de Jonquière a dit qu’il y avait actuellement trop d’incertitudes par rapport au niveau d’exposition au nickel pour envisager de hausser la norme actuelle. Les avis scientifiques se contredisent, même, a-t-il rappelé.

« Si t’es pas sûr, prends pas de chance, c’est ça que ça veut dire », a-t-il expliqué.

« Dans le cas des normes de nickel, je trouve qu’il y a trop d’incertitude. C’est comme en hiver, on se dit : je vais mettre des pneus d’hiver, pour être sûr de traverser la Réserve faunique des Laurentides. C’est dire au ministre de l’Environnement, mets tes pneus d’hiver en matière de nickel : garde tes normes plus élevées. »

Commissaire au développement durable

M. Gaudreault envisage aussi demander à l’Assemblée nationale de mandater le Commissaire au développement durable pour qu’il se prononce sur cet enjeu.

Le Commissaire est une institution indépendante qui relève de la vérificatrice générale.

« Je ne l’exclus pas », a-t-il laissé entendre.

Rappelons que la Ville de Québec tient des consultations sur cet enjeu parce qu’un de ses quartiers, Limoilou, a été régulièrement au cours des dernières années exposé à des taux de particules dépassant la limite.

La Ville pourrait par ailleurs elle-même décider de fixer sa propre norme, selon ce qui a été rapporté.