(Édimbourg, Royaume-Uni) François Legault annonce que 5 milliards seront investis pour permettre au Québec d’atteindre son objectif d’électrifier 55 % de son parc d’autobus urbains d’ici 2030. Le gouvernement québécois paiera 3,65 milliards de cette somme, alors que le reste sera financé par le fédéral et les sociétés de transport.

Mis à jour le 3 nov. 2021
Hugo Pilon-Larose
Hugo Pilon-Larose La Presse

En marge du sommet des Nations unies sur le climat à Glasgow, le premier ministre s’est dit certain que ces nouveaux autobus électriques seraient construits en partie au Québec. Il a affirmé que le gouvernement travaillait avec les entreprises Lion Électrique et Novabus pour adapter leurs installations afin qu’elles puissent répondre aux appels d’offres.

« Il faut être prudent, il faut respecter les règles internationales, mais on est très confiants que les autobus vont être fabriqués au Québec », a dit M. Legault.

[Il ne] faut pas que personne soit naïf. Tous les États du monde essaient que le maximum soit fabriqué chez eux. On ne sera pas différents des autres.

François Legault, premier ministre du Québec

Avec cet investissement, Québec procède à l’achat d’environ 2148 autobus électriques, dont le processus d’acquisition commencera d’ici six mois. Sur ces 5 milliards, 2,6 milliards serviront à construire et convertir des garages, et 2,4 milliards à l’achat des autobus. Le gouvernement Legault prévoit que cette annonce « permettra d’éliminer à terme environ 131 500 tonnes de CO2 par année, soit l’équivalent de près de 40 000 voitures en moins sur les routes ».

Le porte-parole de Lion Électrique, Patrick Gervais, salue l’initiative du gouvernement, même si « le transport en commun est moins [son] centre d’attraction », a-t-il dit mercredi. L’entreprise produit tout de même le minibus électrique Lion M (un autobus de 26 pieds), utilisé entre autres pour le transport adapté et collectif à Saint-Jérôme, Mascouche, Terrebonne et Saint-Bruno.

« Le projet du gouvernement favorise potentiellement davantage Novabus, ce qui est bien correct. On espère cependant qu’il y aura des conditions qui favoriseront le développement de l’économie locale et de la chaîne d’approvisionnement », a ajouté M. Gervais

PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE

Autobus scolaires de Lion Électrique

Toute nouvelle qui aide le développement de l’écosystème 100 % électrique au Québec et au pays est une bonne nouvelle pour nous et pour l’industrie.

Patrick Gervais, porte-parole de Lion Électrique

L’Union des municipalités du Québec (UMQ) a de son côté salué mercredi l’annonce effectuée par Québec, soulignant qu’il s’agit d’un projet ambitieux qui répond aux objectifs que se sont donnés les municipalités dans le cadre de la Plateforme municipale Unis pour le climat, présentée au printemps dernier.

« On le dit souvent, le transport est responsable de l’émission de 45 % des gaz à effet de serre au Québec. En misant sur l’électrification des autobus urbains, on atteint un double objectif. On lutte en effet contre l’auto solo, tout en réduisant considérablement notre empreinte carbone. Les municipalités et leurs sociétés de transport seront au rendez-vous », a déclaré le président de l’UMQ et maire de Gaspé, Daniel Côté.

Le plan pour une économie verte du Québec prévoit que 30 % des véhicules automobiles légers (1,5 million de véhicules) seront électriques d’ici 2030, tout comme 40 % des taxis et 65 % des autobus scolaires.

Par ailleurs, le gouvernement du Québec s’est payé mercredi une pleine page de publicité dans le journal écossais The Herald afin de vanter aux délégués présents à la COP26 les atouts de la province en matière d’économie verte.

Avec Richard Dufour, La Presse